{"id":3433,"date":"2022-01-31T08:00:00","date_gmt":"2022-01-31T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.wine-law.org\/?p=3433"},"modified":"2022-04-08T10:31:46","modified_gmt":"2022-04-08T08:31:46","slug":"les-hard-seltzer-a-lepreuve-du-droit-au-sein-de-lunion-europeenne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/les-hard-seltzer-a-lepreuve-du-droit-au-sein-de-lunion-europeenne\/","title":{"rendered":"Les \u00ab Hard Seltzer \u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du droit au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne"},"content":{"rendered":"<span class=\"rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">tdl<\/span> <span class=\"rt-time\">16<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span>\n<p> Cet article est issu du Projet Professionnel Individuel (PPI) Alumni Students Writing Challenge (ASWC) auquel sont soumis les \u00e9tudiants du Master 2, Droit des Vins et Spiritueux, de l&rsquo;Universit\u00e9 de Reims Champagne-Ardenne.  <\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<p><strong>Faisant leur apparition aux yeux du grand public en 2013, aux \u00c9tats-Unis, les <em>Hard Seltzer<\/em> sont des boissons gazeuses alcoolis\u00e9es comportant un faible taux d\u2019alcool ainsi qu\u2019un faible taux de sucre. Leurs ventes ont explos\u00e9 depuis 2016, et \u00e9mergent de plus en plus au sein du territoire de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<p>Si le sujet est int\u00e9ressant \u00e0 d\u00e9velopper aujourd\u2019hui, c\u2019est au regard du lien entre cette nouvelle cat\u00e9gorie de boissons alcoolis\u00e9es et la r\u00e9glementation europ\u00e9enne. Cette derni\u00e8re pr\u00e9existante \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de la boisson sur le march\u00e9, elle a d\u00fb s\u2019adapter.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, l\u2019historique de la r\u00e8glementation relative aux boissons \u00e0 faible teneur en alcool nous aidera \u00e0 comprendre les enjeux entourant les <em>Hard Seltzer<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"l-apparition-des-boissons-a-faible-teneur-en-alcool-sur-le-marche-de-l-union-europeenne\"><strong>L\u2019apparition des boissons \u00e0 faible teneur en alcool sur le march\u00e9 de l\u2019Union europ\u00e9enne<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>D\u2019autres boissons du m\u00eame type que les <em>Hard Seltzer<\/em> sont d\u00e9j\u00e0 apparues sur le continent europ\u00e9en par le pass\u00e9, ce qui engendr\u00e9 des r\u00e9actions l\u00e9gislatives et r\u00e9glementaires de la part de certains Etats membres. Il est donc apparu int\u00e9ressant d\u2019analyser dans un premier temps ces ant\u00e9c\u00e9dents au travers l\u2019exemple de la France afin de comprendre les interrogations que l\u2019on pourrait se poser avec la commercialisation des <em>Hard Seltzer<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<ul type=\"A\"><li><strong>Les r\u00e9actions l\u00e9gislatives fran\u00e7aises face \u00e0 la commercialisation de boissons \u00e0 faible teneur en alcool<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 1990, un nouveau format de boisson est apparu en France<a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>. D\u00e9nomm\u00e9es \u00ab&nbsp;pr\u00e9mix&nbsp;\u00bb qui provient de l\u2019anglais \u00ab&nbsp;premixed&nbsp;\u00bb et signifie \u00ab&nbsp;pr\u00e9-m\u00e9lang\u00e9&nbsp;\u00bb, elles \u00e9taient la combinaison d\u2019une boisson spiritueuse et de soda ou jus de fruit. Comportant entre 5 et 8% d\u2019alcool maximum, elles ont suscit\u00e9 de nombreuses r\u00e9actions de la part de m\u00e9decins et politiques en raison de cette faible teneur en alcool et de la cible vis\u00e9e : les adolescents.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re difficult\u00e9 qu\u2019engendrait leur commercialisation est qu\u2019il n\u2019existait, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, aucune d\u00e9finition l\u00e9gale pour ce type de boissons sp\u00e9cifiques. Il a fallu attendre que la Direction g\u00e9n\u00e9rale des douanes et droits indirects (DGDDI) en donne une d\u00e9finition : \u00ab&nbsp;<em>m\u00e9langes de boissons non alcooliques et de boissons alcooliques (alcools, produits interm\u00e9diaires, vins et autres boissons ferment\u00e9es, bi\u00e8<\/em><em>res)<\/em> \u00bb<a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>. Celle-ci sera reprise plus tard dans le Code g\u00e9n\u00e9ral des imp\u00f4ts (CGI)<a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La seconde difficult\u00e9 rencontr\u00e9e par le gouvernement fran\u00e7ais \u00e9tait le public vis\u00e9 par ces produits. Avec un contenant le plus souvent sous forme de canette, par\u00e9 de couleurs attrayantes et mettant en avant une forte teneur en sucre et une faible teneur en alcool, les producteurs de ces boissons visaient surtout les jeunes adolescents \u00e2g\u00e9s entre 12 et 15 ans<a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a>. L\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais a donc mesur\u00e9 le danger qu\u2019une telle commercialisation engendrerait sur le march\u00e9. Le risque d\u2019incitation \u00e0 la consommation des mineurs \u00e9tait en effet \u00e0 prendre en consid\u00e9ration. \u00c0 cet \u00e2ge-l\u00e0, les adolescents sont attir\u00e9s par le sucre et les boissons fraiches et leurs connaissances en mati\u00e8re d\u2019alcool (comme le vin par exemple) ne sont pas forg\u00e9es, ils ne sont donc pas sensibles \u00e0 ce qu\u2019ils boivent.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi que dans le cadre de la loi du 27 d\u00e9cembre 1996<a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>, le gouvernement a propos\u00e9 de cr\u00e9er une taxe particuli\u00e8re sur ces \u00ab&nbsp;pr\u00e9mix&nbsp;\u00bb. En son article 29, la loi int\u00e8gre ainsi cette taxe au sein de l\u2019article 1613 bis du CGI. Il en ressortira \u00e9galement une d\u00e9finition l\u00e9gale des boissons<a href=\"#_ftn6\">[6]<\/a>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Les boissons constitu\u00e9es par&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<ol type=\"a\"><li><em>Un m<\/em><em>\u00e9<\/em><em>lange pr<\/em><em>\u00e9alable de boissons ayant un titre alcoom\u00e9trique acquis n&rsquo;exc\u00e9dant pas 1,2 % vol. et de boissons alcooliques d\u00e9finies aux <\/em><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006069577&amp;idArticle=LEGIARTI000006304743&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\" class=\"broken_link\">articles 401<\/a><em>, <\/em><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006069577&amp;idArticle=LEGIARTI000006309894&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\" class=\"broken_link\">435 <\/a><em>et au a du I de <\/em><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006069577&amp;idArticle=LEGIARTI000006309970&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\" class=\"broken_link\">l&rsquo;article 520 A<\/a><em>&nbsp;;<\/em><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><em>(\u2026)<\/em><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>font l&rsquo;objet d&rsquo;une taxe per\u00e7ue au profit de la Caisse nationale de l&rsquo;assurance maladie d\u00e8s lors que la boisson obtenue pr\u00e9sente un titre alcoom\u00e9trique acquis de plus de 1,2 % vol. et inf\u00e9rieur \u00e0 12 % vol.&nbsp;\u00bb<\/em><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9part, cette taxe n\u2019\u00e9tait qu\u2019\u00e0 hauteur de 1,50 francs par d\u00e9cilitre (0,228 \u20ac). Deux ans apr\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la loi de 1996, le montant de la taxe passe \u00e0 36,4 francs par d\u00e9cilitre d\u2019alcool pur<a href=\"#_ftn7\">[7]<\/a> (5,5\u20ac). L\u2019augmentation consid\u00e9rable du montant de cette taxe avait pour objectif de freiner la consommation de ces boissons<a href=\"#_ftn8\">[8]<\/a>. Le choix de la taxation permet en effet une augmentation du prix du produit. Les jeunes adolescents ayant un pouvoir d\u2019achat relativement faible, cela a pour objectif de r\u00e9duire leur consommation.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut cependant douter de l\u2019efficacit\u00e9 de cette r\u00e8glementation puisque cela n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 les producteurs de contourner la loi et de faire entrer des produits similaires<a href=\"#_ftn9\">[9]<\/a> sur le march\u00e9. Dans le cadre de la Loi du 9 ao\u00fbt 2004<a href=\"#_ftn10\">[10]<\/a>, on peut lire dans les d\u00e9bats parlementaires qu\u2019un <em>\u00ab&nbsp;amendement revisitant le dispositif l\u00e9gislatif applicable aux pr\u00e9mix, <strong><u>qui a \u00e9t\u00e9 contourn\u00e9<\/u><\/strong>, en retenant comme crit\u00e8re la dose de sucre que contiennent ces boissons&nbsp;\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn11\"><em><strong>[11]<\/strong><\/em><\/a>est propos\u00e9. La pr\u00e9c\u00e9dente taxation \u00e9tait en effet jug\u00e9e <em>\u00ab&nbsp;inefficace, car les fabricants parviennent \u00e0 contourner les contraintes fiscales impos\u00e9es \u00e0 ces boissons alcoolis\u00e9es&nbsp;; (\u2026). De plus, la surtaxation de ces produits n\u2019aura pour effet que de d\u00e9porter les consommateurs vers d\u2019autres types de boissons alcoolis\u00e9es.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les producteurs de ces nouvelles boissons contournent la loi en utilisant un proc\u00e9d\u00e9 de fermentation proche de la bi\u00e8re, afin d\u2019atteindre seulement 5% voire 7% d\u2019alcool<a href=\"#_ftn12\">[12]<\/a>. Ces nouvelles boissons ne sont donc plus des \u00ab&nbsp;m\u00e9langes&nbsp;\u00bb comme les pr\u00e9mix, mais des boissons \u00e0 base de rhum ou de vodka, ferment\u00e9es pour ne comporter qu\u2019un tr\u00e8s faible taux d\u2019alcool.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019amendement proposait ainsi d\u2019\u00e9largir la taxe sur les pr\u00e9mix aux \u00ab&nbsp;ready to drink&nbsp;\u00bb, les \u00ab&nbsp;pr\u00eats \u00e0 boire \u00bb qui sont apparus en France dans les ann\u00e9es 2000<a href=\"#_ftn13\">[13]<\/a> et \u00e9galement de l\u2019augmenter. Une taxe de 11\u20ac par d\u00e9cilitre d\u2019alcool pur a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9e, s\u2019appliquant \u00e0 la fois aux pr\u00e9mix et aux ready to drink&nbsp;: <em>\u00ab Les boissons constitu\u00e9es par&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<ol type=\"a\"><li><em>Un m\u00e9lange pr\u00e9alable de boissons ayant un titre alcoom\u00e9trique acquis n&rsquo;exc\u00e9dant pas 1,2 % vol. et de boissons alcooliques<\/em><em><\/em><\/li><li><strong><em><u>Un ou plusieurs produits alcooliques<\/u><\/em><\/strong><strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><em>\u00bb.<\/em><em><\/em><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Il ressort de ces l\u00e9gislations deux cat\u00e9gories distinctes de boissons. D\u2019une part, il existe ce que l\u2019on nomme les \u00ab&nbsp;pr\u00e9mix&nbsp;\u00bb qui sont des boissons produites \u00e0 partir d\u2019une boisson spiritueuse \u00e0 laquelle on ajoute une boisson sans alcool tel qu\u2019un soda ou jus de fruit. Ce sont en r\u00e9alit\u00e9 de simples boissons alcoolis\u00e9es pr\u00eates \u00e0 d\u00e9guster. D\u2019autre part, nous avons ce que l\u2019on nomme \u00ab&nbsp;ready to drink&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;alcopop&nbsp;\u00bb pour \u00ab&nbsp;alcool&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;pop&nbsp;\u00bb qui fait r\u00e9f\u00e9rence aux sodas en anglais, qui sont des boissons \u00e0 base d\u2019alcool ferment\u00e9 d\u2019origine agricole comme le sucre par exemple, auxquelles on ajoute des ingr\u00e9dients tels que de l\u2019eau ou de la limonade. Il existe ainsi des alcopops \u00e0 base de vin ou de malt de bi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<ul><li><strong>L\u2019entr\u00e9e des <em>Hard Seltzer<\/em> sur le march\u00e9 de l\u2019Union europ\u00e9enne et les nouvelles interrogations qui en d\u00e9coulent<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, c\u2019est une nouvelle forme de boisson alcoolis\u00e9e en provenance des Etats-Unis qui nous int\u00e9resse car elle commence \u00e0 appara\u00eetre en Europe : les \u00ab&nbsp;<em>Hard Seltzer&nbsp;<\/em>\u00bb. En fran\u00e7ais, \u00ab&nbsp;<em>seltzer&nbsp;<\/em>\u00bb signifie \u00ab&nbsp;eau gaz\u00e9ifi\u00e9e&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn14\">[14]<\/a> et \u00ab&nbsp;<em>hard&nbsp;<\/em>\u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019alcool contenu dans la boisson par opposition aux \u00ab&nbsp;<em>soft&nbsp;<\/em>\u00bb qui d\u00e9signent des sodas. Il existe par ailleurs une d\u00e9finition des termes \u00ab&nbsp;<em>hard seltzer&nbsp;<\/em>\u00bb dans le dictionnaire de Cambridge : \u00ab&nbsp;<em>a <\/em><a href=\"https:\/\/dictionary.cambridge.org\/fr\/dictionnaire\/anglais\/drink\">drink<\/a><em> consisting of <\/em><a href=\"https:\/\/dictionary.cambridge.org\/fr\/dictionnaire\/anglais\/fizzy\">fizzy<\/a><em> <\/em><a href=\"https:\/\/dictionary.cambridge.org\/fr\/dictionnaire\/anglais\/water\">water<\/a><em>, <\/em><a href=\"https:\/\/dictionary.cambridge.org\/fr\/dictionnaire\/anglais\/alcohol\">alcohol<\/a><em>, and <\/em><a href=\"https:\/\/dictionary.cambridge.org\/fr\/dictionnaire\/anglais\/flavouring\">flavouring<\/a> \u00bb, autrement dit \u00ab <em>une boisson gazeuse alcoolis\u00e9e et aromatis\u00e9e&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces nouvelles boissons ont commenc\u00e9 \u00e0 appara\u00eetre aux Etats-Unis en 2013 selon CNN Business<a href=\"#_ftn15\">[15]<\/a>. Ici encore, le faible taux d\u2019alcool, qui est compris entre 5 et 14%, est mis en avant. En revanche, on peut se poser la question de sa cat\u00e9gorisation. Contrairement aux pr\u00e9mix, les <em>hard Seltzer<\/em> sont des boissons \u00e0 base d\u2019alcool agricole ferment\u00e9 &#8211; dans la plupart des cas, il s\u2019agit soit de c\u00e9r\u00e9ales ferment\u00e9es (malt) soit de canne \u00e0 sucre ferment\u00e9e tout comme les alcopops &#8211; mais contrairement \u00e0 ces derniers, il ne s\u2019agit pas de boissons seulement alcoolis\u00e9es et aromatis\u00e9es, elles sont \u00e9galement gazeuses.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les m\u00eames sources, c\u2019est en 2016 qu\u2019elles ont r\u00e9ellement explos\u00e9 sur le march\u00e9 am\u00e9ricain avec la marque <em>White Claw<\/em>, cr\u00e9\u00e9e en 2016 par le canadien Anthony von Mandl, propri\u00e9taire de la soci\u00e9t\u00e9 Mark Anthony Brands. C\u2019est gr\u00e2ce au youtubeur Trevor Wallace, qui a mis en sc\u00e8ne les boissons en parodiant leurs consommateurs, que la marque a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une grande visibilit\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux<a href=\"#_ftn16\">[16]<\/a>. Depuis, <em>White Claw<\/em> aurait augment\u00e9 ses ventes de 193% en 2019, avec un march\u00e9 estim\u00e9 \u00e0 550 millions de dollars (497 millions d\u2019euros) pour la m\u00eame ann\u00e9e, selon les chiffres du cabinet Nielsen<a href=\"#_ftn17\">[17]<\/a>. Selon l\u2019Institut de recherche sur les vins et spiritueux (IWSR), les <em>Hard Seltzer<\/em> repr\u00e9senteraient en 2019, 2,6% du march\u00e9 des boissons alcoolis\u00e9es soit des ventes \u00e0 2,7&nbsp;milliards de dollars<a href=\"#_ftn18\">[18]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La protection du consommateur se pose donc une nouvelle fois ici. Contrairement aux pr\u00e9c\u00e9dentes boissons qui mettaient en avant leur faible taux d\u2019alcool, celles-ci font pr\u00e9valoir une faible teneur en sucre. En effet, contrairement aux pr\u00e9mix et alcopops, les <em>Hard Seltzer<\/em> ne contiennent pas plus de 100 calories par canette de 33 centilitres<a href=\"#_ftn19\">[19]<\/a>. Avec un public vis\u00e9 d\u2019une tranche d\u2019\u00e2ge plus \u00e9lev\u00e9e que la pr\u00e9c\u00e9dente &#8211; on vise ici les 25-35 ans &#8211; cette seconde vague attire un public plus large du fait du faible taux de sucre. Les jeunes adultes qui ont un mode de vie tr\u00e8s sain sont la cible ad\u00e9quate. Ces derniers pratiquent de plus en plus d\u2019activit\u00e9s physiques et ont une alimentation relativement bonne pour leur sant\u00e9. On peut ainsi se demander si la promotion d\u2019une boisson alcoolis\u00e9e en raison de sa faible teneur en calories est plus raisonnable que l\u2019incitation des jeunes \u00e0 la consommation d\u2019alcool.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re erreur qui est faite est tout d\u2019abord d\u2019appeler ces boissons <em>\u00ab&nbsp;eaux gazeuses alcoolis\u00e9es&nbsp;\u00bb<\/em>, comme on le voit dans les journaux fran\u00e7ais. Il ne s\u2019agit en r\u00e9alit\u00e9 pas d\u2019eau \u00e0 laquelle nous aurions ajout\u00e9 de l\u2019alcool, mais plut\u00f4t tout \u00e0 fait l\u2019inverse. Il s\u2019agit d\u2019abord d\u2019une boisson alcoolis\u00e9e, \u00e0 laquelle on ajoute ensuite des ar\u00f4mes et de l\u2019eau. Une mauvaise utilisation des termes et dans un ordre contraire au sens qu&rsquo;il en est r\u00e9ellement fait penser \u00e0 une boisson sans risque pour la sant\u00e9 des consommateurs europ\u00e9ens, alors qu\u2019il s\u2019agit tout de m\u00eame d\u2019une boisson alcoolis\u00e9e. De plus, les entreprises axent leurs arguments de vente sur le faible taux de calories. Se pose donc la question de l\u2019incitation \u00e0 la consommation de ces boissons par le biais des indications nutritionnelles du produit.<\/p>\n\n\n\n<h2 id=\"l-encadrement-des-hard-seltzer-par-la-reglementation-europeenne\"><strong>L\u2019encadrement des <em>Hard Seltzer <\/em>par la r\u00e8glementation europ\u00e9enne<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Suite aux interrogations qu\u2019engendre la commercialisation des <em>Hard Seltzer<\/em>, il convient de se demander si la r\u00e9glementation europ\u00e9enne y r\u00e9pond et dans le cas d\u2019une r\u00e9ponse positive, si celle-ci est r\u00e9ellement efficace.<\/p>\n\n\n\n<ul type=\"A\"><li><strong>La r\u00e9glementation des boissons alcoolis\u00e9es au sein de de l\u2019Union europ\u00e9enne<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Depuis 1962, l\u2019Union europ\u00e9enne a mis en place une Politique agricole commune (PAC), permettant ainsi une harmonisation des march\u00e9s vers des ambitions communes. Il s\u2019agissait \u00e0 l\u2019\u00e9poque de relever l\u2019Europe d\u2019apr\u00e8s-guerre en regardant vers l\u2019avenir avec de nouveaux objectifs tel que l\u2019autosuffisance alimentaire sur le territoire des Etats membres. Cette nouvelle politique commune a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un atout consid\u00e9rable&nbsp;: celui du poids \u00e9conomique de notre continent en mati\u00e8re agricole ainsi qu\u2019en mati\u00e8re de qualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis, c\u2019est au sein de l\u2019article 38 du Trait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union europ\u00e9enne (TFUE) que ces objectifs sont \u00e9nonc\u00e9s : <em>\u00ab&nbsp;L&rsquo;Union d\u00e9finit et met en \u0153uvre une politique commune de l&rsquo;agriculture et de la p\u00ea<\/em><em>che<\/em>.<em> &nbsp;\u00bb<\/em> L\u2019article 40 pr\u00e9voit \u00e9galement qu\u2019<em>\u00ab&nbsp;en vue d&rsquo;atteindre les objectifs pr\u00e9vus \u00e0 l&rsquo;article 39, il est \u00e9tabli une organisation commune des march\u00e9<\/em><em>s agricoles<\/em><em>&nbsp;\u00bb<\/em> qui peut prendre diff\u00e9rentes formes selon les produits. La liste est fix\u00e9e \u00e0 l\u2019Annexe I du Trait\u00e9 et l\u2019on peut y trouver les mentions suivantes <em>\u00ab&nbsp;Fruits comestibles; \u00e9corces d&rsquo;agrumes et de melons&nbsp;\u00bb<\/em> au Chapitre 8 ou encore \u00ab&nbsp;C\u00e9r\u00e9ales&nbsp;\u00bb au Chapitre 10.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux cat\u00e9gories nous int\u00e9ressent particuli\u00e8rement car le vin et certaines boissons spiritueuses (comme le Cognac par exemple) sont des boissons alcoolis\u00e9es produites \u00e0 partir de raisin et que les bi\u00e8res et certains autres spiritueux (comme le Whisky) sont \u00e9labor\u00e9s \u00e0 partir de c\u00e9r\u00e9ales.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi que le R\u00e8glement (UE) N<sup>o<\/sup> 1308\/2013 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 17 d\u00e9cembre 2013 portant organisation commune des march\u00e9s des produits agricoles intervient. En son consid\u00e9rant (3) il \u00e9nonce ce qui suit : <em>\u00ab&nbsp;Il convient que le pr\u00e9sent r<\/em><em>\u00e8<\/em><em>glement s&rsquo;applique \u00e0 tous les produits agricoles \u00e9num\u00e9r\u00e9s \u00e0 l&rsquo;annexe I du trait\u00e9 sur l&rsquo;Union europ\u00e9enne et du trait\u00e9 sur le fonctionnement de l&rsquo;Union europ\u00e9enne (ci-apr<\/em><em>\u00e8<\/em><em>s d\u00e9<\/em><em>nomm<\/em><em>\u00e9 parfois \u00ab\u00a0trait\u00e9\u00a0\u00bb) (ci-apr<\/em><em>\u00e8<\/em><em>s d\u00e9<\/em><em>nomm<\/em><em>\u00e9s conjointement \u00ab\u00a0trait\u00e9s\u00a0\u00bb), afin qu&rsquo;il existe une organisation commune du march\u00e9 pour tous ces produits, comme le pr\u00e9voit l&rsquo;article 40, paragraphe 1, du trait\u00e9 sur le fonctionnement de l&rsquo;Union europ\u00e9enne.&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la lecture de ce m\u00eame r\u00e8glement, en ressortent diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de boissons alcoolis\u00e9es :<\/p>\n\n\n\n<ol><li>L\u2019Annexe VII Partie II du R\u00e8glement pr\u00e9cit\u00e9 en son paragraphe premier d\u00e9fini le vin comme le produit obtenu exclusivement par la fermentation alcoolique, totale ou partielle, de raisins frais, foul\u00e9s ou non, ou de mo\u00fbts de raisins ;<\/li><li>L\u2019article 3 du R\u00e8glement 251\/2014 d\u00e9fini les vins aromatis\u00e9s comme des produits issus de produits du secteur vitivinicole vis\u00e9s dans le R\u00e8glement (UE) n<sup>o<\/sup> 1308\/2013 qui ont \u00e9t\u00e9 aromatis\u00e9s, par renvoi au R\u00e8glement 1308\/2013 dans son consid\u00e9rant (16) en \u00e9non\u00e7ant que ce dernier ne s\u2019applique pas aux produits viticoles aromatis\u00e9s ;<\/li><li>L\u2019article 100 du R\u00e8glement 1308\/2013 fait la mention de <em>\u00ab&nbsp;boissons spiritueuses telles que d\u00e9finies \u00e0 l&rsquo;article 2 du r\u00e8glement (CE) n<sup>o<\/sup>&nbsp;110\/2008 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil&nbsp;\u00bb<\/em> ; ce dernier R\u00e8glement a par la suite \u00e9t\u00e9 abrog\u00e9 par le R\u00e8glement n\u00b0 2019\/787 du 17 avril 2019 qui les d\u00e9finis en son article 2 ;<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Concernant la bi\u00e8re, on peut se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la Directive europ\u00e9enne n\u00b092\/83 relative \u00e0 l\u2019harmonisation des structures des droits d\u2019accises sur l\u2019alcool et les boissons alcooliques qui la d\u00e9finit en son article 2.<em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Au vu des cat\u00e9gories susvis\u00e9es et de la d\u00e9finition donn\u00e9e par le CGI fran\u00e7ais, les <em>Hard Seltzer<\/em> ne rentrent dans aucune d\u2019entre elles. Rappelons que les <em>hard Seltzer<\/em> sont unm\u00e9lange pr\u00e9alable de boissons ayant un titre alcoom\u00e9trique acquis n&rsquo;exc\u00e9dant pas 1,2 % vol. et de boissons alcooliques d\u00e9finies aux&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006069577&amp;idArticle=LEGIARTI000006304743&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\" class=\"broken_link\">articles 401<\/a>,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006069577&amp;idArticle=LEGIARTI000006309894&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\" class=\"broken_link\">435&nbsp;<\/a>et au a du I de&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006069577&amp;idArticle=LEGIARTI000006309970&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\" class=\"broken_link\">l&rsquo;article 520 A<\/a>, ou bien, correspondent \u00e0 un ou plusieurs produits alcooliquesqui ne r\u00e9pondent pas aux d\u00e9finitions pr\u00e9vues aux r\u00e8glements (UE) n\u00b0 2019\/787 et (UE) n\u00b0 1308\/2013, ainsi qu&rsquo; au&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006069577&amp;idArticle=LEGIARTI000006304817&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\" class=\"broken_link\">5\u00b0 de l&rsquo;article 458<\/a>, et qui contiennent plus de 35 grammes de sucre ou une \u00e9dulcoration \u00e9quivalente par litre exprim\u00e9e en sucre inverti.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article 401 du CGI mentionn\u00e9 ci-dessus donne la d\u00e9finition des \u00ab&nbsp;produits interm\u00e9diaires&nbsp;\u00bb : <em>\u00ab produits relevant des codes N. C. 2204,2205,2206 du tarif des douanes qui ont un titre alcoom\u00e9trique acquis compris entre 1,2 p. 100 vol. et 22 p. 100 vol. et qui ne sont pas des bi<\/em><em>\u00e8<\/em><em>res, des vins ou des produits mentionn\u00e9s aux b et c du 2<\/em><em>\u00b0 <\/em><em>et au 3<\/em><em>\u00b0 <\/em><em>de l&rsquo;article <\/em><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006069577&amp;idArticle=LEGIARTI000006309897&amp;dateTexte=&amp;categorieLien=cid\" class=\"broken_link\">438<\/a><em> \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9galement, l\u2019article premier, paragraphe 2 du R\u00e8glement (UE) n\u00b01308\/2013, pr\u00e9voit que <em>\u00ab&nbsp;les produits agricoles d\u00e9finis au paragraphe 1 sont r\u00e9partis dans les secteurs suivants \u00e9num\u00e9r\u00e9s dans les parties respectives de l\u2019annexe I&nbsp;\u00bb<\/em>. Au sous x), la mention <em>\u00ab&nbsp;autres produits, partie XXIV&nbsp;\u00bb<\/em> appara\u00eet. Cette partie XXIV \u00e9nonce ce qui suit : <em>\u00ab&nbsp;On entend par \u00ab\u00a0autres produits\u00a0\u00bb tous les produits agricoles autres que ceux \u00e9num\u00e9r\u00e9s dans les parties I \u00e0 XXIII, y compris ceux \u00e9num\u00e9r\u00e9s ci-apr<\/em><em>\u00e8<\/em><em>s dans les sections 1 et 2.&nbsp;\u00bb<\/em> ; au sein desquelles on peut trouver relevant du Code NC \u00ab&nbsp;ex 2206&nbsp;\u00bb : <em>\u00ab&nbsp;Autres boissons ferment\u00e9es (cidre, poir\u00e9, hydromel, par exemple); m\u00e9langes de boissons ferment\u00e9es et m\u00e9langes de boissons ferment\u00e9es et de boissons non alcooliques, non d\u00e9<\/em><em>nomm<\/em><em>\u00e9es ni compris ailleurs.&nbsp;\u00bb.<\/em><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Nous savons que le CGI d\u00e9signe les <em>pr\u00e9mix<\/em> ainsi que les <em>ready to drink<\/em> puisque c\u2019\u00e9tait le but premier de la cr\u00e9ation de l\u2019article 1613 bis qui renvoie \u00e0 l\u2019article 401. Les <em>\u00ab&nbsp;m\u00e9langes pr\u00e9alables de boissons&nbsp;\u00bb <\/em>d\u00e9signent les pr\u00e9mix tandis que les <em>\u00ab&nbsp;produits alcooliques&nbsp;\u00bb<\/em> d\u00e9signent quant \u00e0 eux les boissons \u00ab&nbsp;pr\u00eates \u00e0 boire&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019en est-il des <em>Hard Seltzer<\/em> ? Si l\u2019on reprend le processus d\u2019\u00e9laboration de ces boissons, il s\u2019agit d\u2019une combinaison de boisson \u00e0 base d\u2019alcool ferment\u00e9 ainsi que de l\u2019eau et des ar\u00f4mes. Le code NC 2206 faisant r\u00e9f\u00e9rence au m\u00e9lange de boissons ferment\u00e9es et de boissons non alcooliques, les <em>Hard Seltzer<\/em> feraient ainsi partie de cette cat\u00e9gorie. \u00c0 partir de l\u00e0, nous pouvons d\u00e9sormais analyser le poids de la r\u00e8glementation europ\u00e9enne face \u00e0 la commercialisation des <em>Hard Seltzer<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<ul><li><strong>Les r\u00e9ponses aux probl\u00e9matiques pos\u00e9es par les <em>Hard Seltzer<\/em> apport\u00e9es par le droit de l\u2019Union europ\u00e9enne et celui des Etats membres<\/strong><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Il est int\u00e9ressant de constater que pour r\u00e9pondre aux probl\u00e9matiques engendr\u00e9es par les <em>Hard Seltzer<\/em>, des solutions peuvent \u00eatre trouv\u00e9es \u00e0 la fois gr\u00e2ce au droit de l\u2019Union europ\u00e9enne (A) mais \u00e9galement par la volont\u00e9 des \u00c9tats membres eux-m\u00eames d\u2019\u00e9tablir des r\u00e8gles internes permettant d\u2019enrayer ce ph\u00e9nom\u00e8ne (B).<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Le r\u00e9gime europ\u00e9en des produits agricoles encadrant la probl\u00e9matique des all\u00e9gations nutritionnelles<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne la pr\u00e9sentation et l\u2019\u00e9tiquetage des denr\u00e9es alimentaires, le R\u00e8glement (UE) n\u00b01169\/2011 concernant l\u2019information des consommateurs sur les denr\u00e9es alimentaires s\u2019applique.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme \u00e9voqu\u00e9 plus haut, dans le cadre de la commercialisation des <em>Hard Seltzer<\/em>, la difficult\u00e9 appara\u00eet au regard de la d\u00e9nomination donn\u00e9e \u00e0 ces boissons. En effet, sur la plupart d\u2019entre elles, le terme \u00ab&nbsp;<em>spiked&nbsp;<\/em>\u00bb y est appos\u00e9. Cela signifie \u00ab&nbsp;enrichi&nbsp;\u00bb en fran\u00e7ais. Si l\u2019on souhaite traduire la totalit\u00e9 de la d\u00e9nomination de certaines boissons, on peut trouver les termes suivants : \u00ab<em>&nbsp;white sparkling water&nbsp;\u00bb <\/em>quise traduit par <em>\u00ab&nbsp;eau p\u00e9tillante enrichie&nbsp;\u00bb<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Contrairement aux vins ou aux whisky et rhums par exemple, les <em>Hard Seltzer<\/em> n\u2019ont pas de terme g\u00e9n\u00e9rique l\u00e9gal les d\u00e9finissant \u00e0 part le nom de leur cat\u00e9gorie \u00ab&nbsp;autres produits&nbsp;\u00bb. Le probl\u00e8me se trouve donc dans l\u2019absence de d\u00e9signation claire de ces boissons. Pour les d\u00e9signer, les entreprises qui en produisent ne font en effet pas r\u00e9f\u00e9rence au fait qu\u2019il s\u2019agit de boissons ferment\u00e9es&nbsp;; elles font simplement mention de \u00ab&nbsp;l\u2019eau p\u00e9tillante&nbsp;\u00bb. Parfois, le pourcentage en alcool est visible sur le produit mais le fait de d\u00e9nommer cette boisson \u00ab&nbsp;eau p\u00e9tillante enrichie&nbsp;\u00bb porte \u00e0 confusion. Ces termes n\u2019\u00e9voquent aucunement une boisson \u00ab&nbsp;alcoolis\u00e9e&nbsp;\u00bb et certainement encore moins au consommateur, d\u2019autant plus dans une langue qui n\u2019est pas celle de tous les \u00c9tats membres de l\u2019UE.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019article 7 du r\u00e8glement susvis\u00e9 impose des pratiques loyales en mati\u00e8re d\u2019information qui ne doivent pas induire en erreur notamment sur la nature de la denr\u00e9e alimentaire<a href=\"#_ftn20\">[20]<\/a>. Ainsi, on pourrait consid\u00e9rer qu\u2019en utilisant la d\u00e9nomination \u00ab&nbsp;eau p\u00e9tillante&nbsp;enrichie&nbsp;\u00bb et en ne faisant r\u00e9f\u00e9rence qu\u2019au pourcentage d\u2019alcool contenu dans la boisson, les producteurs des Hard Seltzer induisent le consommateur en erreur en n\u2019indiquant pas clairement qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une boisson alcoolis\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, le R\u00e8glement (UE) n\u00b01169\/2011 renvoie au R\u00e8glement (CE) n\u00b01924\/2006 concernant les all\u00e9gations nutritionnelles et de sant\u00e9 portant sur les denr\u00e9es alimentaires en son consid\u00e9rant (38) en \u00e9non\u00e7ant qu\u2019il doit lui \u00eatre conforme. Ce dernier, en son article 3, c) pr\u00e9cise que <em>\u00ab&nbsp;les all\u00e9gations nutritionnelles et de sant\u00e9 ne doivent pas :&nbsp;encourager ou tol\u00e9rer la consommation excessive d&rsquo;une denr\u00e9e alimentaire ;&nbsp;\u00bb<\/em>. L\u2019article 4, 3) du m\u00eame r\u00e8glement dispose que <em>\u00ab&nbsp;les boissons titrant plus de 1,2&nbsp;% d&rsquo;alcool en volume ne comportent pas <\/em><em>d&rsquo;all<\/em><em>\u00e9gations nutritionnelles autres que celles portant sur une r\u00e9duction de la teneur en alcool ou du contenu \u00e9nerg\u00e9tique.&nbsp;\u00bb<\/em><em> <\/em>Au sein du m\u00eame article, on nous explique que les sucres font partie des choses prises en compte pour \u00e9tablir les conditions d\u2019utilisation des all\u00e9gations nutritionnelles et de sant\u00e9<a href=\"#_ftn21\">[21]<\/a>. Cependant, l\u2019article pr\u00e9cise \u00e9galement que les boissons titrant plus de 1,2% d\u2019alcool en volume ne peuvent comporter d\u2019all\u00e9gations nutritionnelles<a href=\"#_ftn22\">[22]<\/a>. <em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, les mentions effectu\u00e9es par la plupart des entreprises commercialisant des <em>Hard Seltzer<\/em>, relatives \u00e0 la faible teneur en calories pour certaines ou la faible teneur en sucres pour d\u2019autres, pourraient contrevenir \u00e0 cette disposition. Il est par ailleurs envisageable de consid\u00e9rer que ces all\u00e9gations encouragent \u00e0 la consommation de la boisson, ce qui est interdit au sens de l\u2019article 3.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Une solution in\u00e9dite choisie par l\u2019\u00c9cosse : le prix minimum par titre d\u2019alcool<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons vu que les boissons alcoolis\u00e9es \u00e0 faible teneur en alcool sont pr\u00e9sentes sur le march\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es maintenant, qu\u2019elles vont et viennent par vague, innovant d\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 \u00e0 chaque fois pour faire d\u00e9couvrir au consommateur un nouveau produit \u00e0 d\u00e9guster. Pour la protection de ce dernier, les \u00c9tats membres de l\u2019UE ont tent\u00e9 de lutter contre une \u00e9ventuelle consommation excessive d\u2019alcool. Les <em>Hard Seltzer<\/em> comportent en effet un faible taux d\u2019alcool, n\u00e9anmoins elles en comportent tout de m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui concerne la lutte contre la consommation excessive d\u2019alcool, l\u2019\u00c9cosse en est un exemple r\u00e9cent. Pour contextualiser, voici quelques chiffres pr\u00e9sents dans le projet d\u2019\u00e9valuation d\u2019impact sur les entreprises et r\u00e9glementaire d\u2019un prix minimal par unit\u00e9 d\u2019alcool tel que vis\u00e9 par la loi relative \u00e0 l\u2019alcool (prix minimal par unit\u00e9) pr\u00e9sent\u00e9 par l\u2019Ecosse en 2012<a href=\"#_ftn23\">[23]<\/a> :<\/p>\n\n\n\n<ul><li>En 2010, les ventes d<em>\u2019<\/em>alcool en \u00c9cosse \u00e9taient \u00e9quivalentes \u00e0 22,8&nbsp;unit\u00e9s par personne et par semaine (11,8&nbsp;litres d<em>\u2019<\/em>alcool pur), pr\u00e8s d\u2019un quart de plus qu\u2019en Angleterre et au Pays de Galles, et parmi les plus \u00e9lev\u00e9es en Europe occidentale&nbsp;;<\/li><li>Alors que la consommation dans de nombreux pays (comme la France, l<em>\u2019<\/em>Italie et l<em>\u2019<\/em>Espagne) a chut\u00e9 au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies, la consommation au Royaume-Uni a doubl\u00e9 depuis les ann\u00e9es&nbsp;1950 (avec une augmentation de 11&nbsp;% en \u00c9cosse depuis le milieu des ann\u00e9es&nbsp;1990).<\/li><li>Les sorties des h\u00f4pitaux li\u00e9es \u00e0 l<em>\u2019<\/em>alcool ont quadrupl\u00e9 depuis les ann\u00e9es&nbsp;1980, avec plus de 100&nbsp;\u00c9cossais admis \u00e0 l<em>\u2019<\/em>h\u00f4pital chaque jour.&nbsp;\u00bb<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Ce rapport pr\u00e9cise \u00e9galement que le nombre de d\u00e9c\u00e8s dus \u00e0 l\u2019alcool a doubl\u00e9 durant les derni\u00e8res d\u00e9cennies, contrairement \u00e0 des pays comme la France, l\u2019Italie ou l\u2019Espagne, o\u00f9 elle a diminu\u00e9. C\u2019est donc dans une logique de rem\u00e9dier \u00e0 cette situation que l\u2019Ecosse a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019agir.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019en mai 2012, le Parlement \u00e9cossais a adopt\u00e9 une loi relative au prix minimum des boissons alcoolis\u00e9es<a href=\"#_ftn24\">[24]<\/a>. Dans un communiqu\u00e9 de presse<a href=\"#_ftn25\">[25]<\/a>, la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne pr\u00e9cise que ce prix minimum par unit\u00e9 d\u2019alcool (MUP) est applicable \u00e0 toutes les boissons alcoolis\u00e9es en \u00c9cosse. Le prix est calcul\u00e9 en fonction de la teneur et du volume d\u2019alcool pr\u00e9sent dans le produit. Ce MUP est de 50 pence (soit 0,57\u20ac par unit\u00e9 d\u2019alcool). Cette l\u00e9gislation a fait l\u2019objet d\u2019une longue bataille judiciaire lanc\u00e9e notamment par la <em>Scotch Whisky Association<\/em> et plusieurs entreprises du secteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d\u2019abord, un premier jugement rendu par le Tribunal sup\u00e9rieur \u00e9cossais a rejet\u00e9 la plainte \u00e9mise par la <em>Whisky Scotch Association<\/em> consid\u00e9rant que l\u2019Ecosse \u00ab&nbsp;<em>avait les comp\u00e9tences n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019introduction de cette l\u00e9gislation&nbsp;<\/em>\u00bb. Les demandeurs ont par la suite fait appel de cette d\u00e9cision devant la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne (CJUE) qui a estim\u00e9, le 23 d\u00e9cembre 2015, que la loi \u00e9cossaise avait <em>\u00ab&nbsp;un effet tr\u00e8s restrictif sur le march\u00e9, qui pourrait \u00eatre \u00e9vit\u00e9 par l\u2019introduction d\u2019une mesure fiscale visant \u00e0 augmenter le prix d\u2019alcool en lieu et place d\u2019une mesure imposant un prix minimum de vente par unit\u00e9 d\u2019alcool&nbsp;\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn26\"><em><strong>[26]<\/strong><\/em><\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement, le Tribunal national d\u2019Edimbourg avait soutenu la d\u00e9cision du Parlement \u00e9cossais d\u2019imposer un MUP. Mais encore une fois, ce jugement a fait l\u2019objet d\u2019un appel interjet\u00e9 par la <em>Whisky Scotch Association<\/em> ainsi que le Comit\u00e9 Europ\u00e9en des Entreprises Vins le 18 novembre 2016 devant la Cour supr\u00eame du Royaume-Uni. Le 15 novembre 2017, la \u00ab&nbsp;bataille&nbsp;\u00bb s\u2019ach\u00e8ve par la d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame du Royaume-Uni reconnaissant l\u2019instauration d\u2019un prix minimum par unit\u00e9 d\u2019alcool comme <em>\u00ab&nbsp;un moyen proportionn\u00e9 pour atteindre un but l\u00e9gitime&nbsp;\u00bb <\/em>et donc compatible avec le droit de l\u2019Union europ\u00e9enne<a href=\"#_ftn27\">[27]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>La mesure est depuis entr\u00e9e en vigueur le mardi 1er mai 2018 et promet de nouvelles retomb\u00e9es l\u00e9gislatives de la part des autres pays britanniques. En effet, depuis l\u2019instauration de la loi, la Ministre de la Sant\u00e9 publique du Pays de Galles a \u00e9tabli un projet de loi sur un prix minimum d\u2019alcool et des discussions sont en cours en Irlande pour inscrire cette mesure dans le projet de loi sur la sant\u00e9 publique<a href=\"#_ftn28\">[28]<\/a>. De m\u00eame, en France, un collectif d\u2019experts a ainsi appel\u00e9 \u00e0 l\u2019instauration d\u2019un prix minimum<a href=\"#_ftn29\">[29]<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, la question se pose de savoir si cette mesure serait ad\u00e9quate au vu du nombre de nouvelles boissons alcoolis\u00e9es qui apparaissent sur le march\u00e9 europ\u00e9en. Si cette mesure \u00e9cossaise visait au d\u00e9part des boissons \u00e0 fort taux d\u2019alcool commercialis\u00e9es \u00e0 un bas prix, elle pourrait \u00e9galement s\u2019appliquer pour des boissons \u00e0 faible taux alcoom\u00e9trique, qui sont, quoi que peut-\u00eatre moins dangereuses, tout aussi n\u00e9fastes pour la sant\u00e9 du consommateur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Sarah Breffy, Juriste en droit du vin et des spiritueux.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref1\"><strong>[1<\/strong>]<\/a> Voir notamment&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les hard seltzers, ces eaux p\u00e9tillantes alcoolis\u00e9es qui font une perc\u00e9e surprenante&nbsp;\u00bb par Marie Nicot, <em>L\u2019Express,<\/em> 12\/09\/2020.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Douanes &amp; Droits indirects, Le portail de la direction g\u00e9n\u00e9rales des douanes et droits indirects, Lexique, Pr\u00e9mix. <a href=\"https:\/\/www.douane.gouv.fr\/lexique\/premix\">https:\/\/www.douane.gouv.fr\/lexique\/premix<\/a> Consult\u00e9 le 28\/01\/2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> CGI, art. 1613.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> \u00ab&nbsp;Cela ne m&#8217;emp\u00eache pas de r\u00e9affirmer que ces boissons alcoolis\u00e9es pr\u00e9sucr\u00e9es me paraissent particuli\u00e8rement nocives&nbsp;; elles visent particuli\u00e8rement la client\u00e8le des jeunes, quoi qu&rsquo;en disent certains, et doivent donc \u00eatre trait\u00e9es avec la plus grande rigueur.&nbsp;\u00bb <a href=\"https:\/\/www.senat.fr\/seances\/s200407\/s20040709\/s20040709001.html#section506\">https:\/\/www.senat.fr\/seances\/s200407\/s20040709\/s20040709001.html#section506<\/a> Consult\u00e9 le 28\/01\/2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> Loi n\u00b0 96-1160 du 27 d\u00e9cembre 1996 de Financement de la S\u00e9curit\u00e9 Sociale pour 1997.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> CGI, art. 1613.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> Loi de financement de la s\u00e9curit\u00e9 sociale de 1999 (Loi n\u00b0 98- 1194, Article 12)&nbsp;; <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/loda\/id\/LEGIARTI000006757309\/1999-01-01\/\" class=\"broken_link\">https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/loda\/id\/LEGIARTI000006757309\/1999-01-01\/<\/a> ; <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/loda\/id\/JORFTEXT000000392993\/\" class=\"broken_link\">https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/loda\/id\/JORFTEXT000000392993\/<\/a> Consult\u00e9 le 28\/01\/2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> \u00ab&nbsp;Encore une fois, l&rsquo;objectif de ces deux articles est partag\u00e9 par tous, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de restreindre la consommation d&rsquo;alcool, en particulier chez les jeunes.&nbsp;\u00bb <a href=\"https:\/\/www.senat.fr\/seances\/s200407\/s20040709\/s20040709001.html#section506\">https:\/\/www.senat.fr\/seances\/s200407\/s20040709\/s20040709001.html#section506<\/a> Consult\u00e9 le 28\/01\/2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> Voir les d\u00e9bats parlementaires de la loi n\u00b0 2004-806 du 9 ao\u00fbt 2004 relative \u00e0 la politique de sant\u00e9 publique au point not\u00e9 comme suit \u00ab&nbsp;apr\u00e8s l\u2019article 17&nbsp;\u00bb, Deuxi\u00e8me s\u00e9ance du jeudi 8 avril 2004<a><\/a>, 191e s\u00e9ance de la session ordinaire 2003-2004.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a> Loi n\u00b0 2004-806 du 9 ao\u00fbt 2004 relative \u00e0 la politique de sant\u00e9 publique.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a> Voir les d\u00e9bats parlementaires de la loi n\u00b0 2004-806 du 9 ao\u00fbt 2004 relative \u00e0 la politique de sant\u00e9 publique au point not\u00e9 comme suit \u00ab&nbsp;apr\u00e8s l\u2019article 17&nbsp;\u00bb, Deuxi\u00e8me s\u00e9ance du jeudi 8 avril 2004, 191e s\u00e9ance de la session ordinaire 2003-2004.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a> <a href=\"https:\/\/intd.cnam.fr\/medias\/fichier\/premixsynthese_documentaire__1215683286731.pdf\">https:\/\/intd.cnam.fr\/medias\/fichier\/premixsynthese_documentaire__1215683286731.pdf<\/a> Consult\u00e9 le 28\/01\/2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a> Ibid.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a> Dictionnaire de Cambridge.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> \u00ab&nbsp;White Claw projects $1.5 billion in sales this year&nbsp;\u00bb, Kerry Flynn, <em>CNN Business<\/em>, 20 novmenbre 2019.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a> \u00ab&nbsp;Eau p\u00e9tillante alcoolis\u00e9e&nbsp;: pourquoi c\u2019est la boisson star des jeunes Am\u00e9ricains&nbsp;\u00bb, SudOuest.fr avec AFP, <em>SudOuest<\/em>, 16 septembre 2019.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a> Barmag. <em>Attention, les \u00ab&nbsp;hard seltzers&nbsp;\u00bb d\u00e9barquent en France&nbsp;!<\/em>, Laurence Marot, novembre 2020, <a href=\"https:\/\/barmag.fr\/attention-les-hard-seltzers-debarquent-en-france\/\">https:\/\/barmag.fr\/attention-les-hard-seltzers-debarquent-en-france\/<\/a> Consult\u00e9 le 28\/01\/2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a> \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que les \u00ab\u00a0hard seltzer\u00a0\u00bb, les eaux alcoolis\u00e9es am\u00e9ricaines qui cherchent \u00e0 conqu\u00e9rir les Fran\u00e7ais\u202f?&nbsp;\u00bb, SudOuest avec AFP, SudOuest, 21 octobre 2020.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a> \u00ab&nbsp;Eau p\u00e9tillante alcoolis\u00e9e&nbsp;: pourquoi c\u2019est la boisson star des jeunes Am\u00e9ricains&nbsp;\u00bb, SudOuest.fr avec AFP, <em>SudOuest<\/em>, 16 septembre 2019.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref20\">[20]<\/a> R\u00e8glement (UE) n\u00b01169\/2011, article 7, paragraphe 1, sous a).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a> R\u00e8glement n\u00b01924\/2006, article 4, 1\u00b0, alin\u00e9a 2, a).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref22\">[22]<\/a> R\u00e8glement n\u00b01924\/2006, article 4, 1\u00b0, alin\u00e9a 3, b).<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a> <em>Cadre d\u2019action&nbsp;: Changer la relation de l\u2019Ecosse avec l\u2019alcool, \u00c9valuation d\u2019impact sur les entreprises et r\u00e9glementaire d\u2019un prix minimal par unit\u00e9 d\u2019alcool tel que vis\u00e9 par la loi relative \u00e0 l\u2019alcool (prix minimal par unit\u00e9<\/em>), Projet, Gouvernement \u00e9cossais, 2012.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref24\">[24]<\/a> Alcohol (Minimum Pricing) (Scoland) Act 2012.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref25\">[25]<\/a> CJUE, Communiqu\u00e9 de presse n\u00b0155\/15, 23 d\u00e9cembre 2015, affaire C-333\/14. <a href=\"https:\/\/curia.europa.eu\/jcms\/upload\/docs\/application\/pdf\/2015-12\/cp150155fr.pdf\">https:\/\/curia.europa.eu\/jcms\/upload\/docs\/application\/pdf\/2015-12\/cp150155fr.pdf<\/a> Consult\u00e9 le 28\/01\/2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref26\">[26]<\/a> \u00ab&nbsp;La loi \u00e9cossaise introduisant un prix minimum de vente par unit\u00e9 d\u2019alcool est contraire au droit de l\u2019Union d\u00e8s lors que des mesures fiscales moins restrictives peuvent \u00eatre introduites&nbsp;\u00bb, Presse et information, Communiqu\u00e9 n\u00b0155\/15 du 23 d\u00e9cembre 2015. Voir B. O\u2019Connor, <em>Minimum pricing for alcohol in Scotl and does not infringe EU Law<\/em>, Jus Vini \u2013 Rev. Dr Vin &amp; Spiritueux, 2018, n\u00b0 1.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref27\">[27]<\/a> UK Suprem Court, 15 november 2017, Scotch Whisky Association and others (Appellants) <em>v <\/em>The Lord Advocate and another (Respondents) (Scotland) ; <a href=\"https:\/\/www.supremecourt.uk\/cases\/docs\/uksc-2017-0025-judgment.pdf\">https:\/\/www.supremecourt.uk\/cases\/docs\/uksc-2017-0025-judgment.pdf<\/a> Consult\u00e9 le 25\/01\/2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref28\">[28]<\/a> Entr\u00e9e en vigueur du prix minimum de l\u2019alcool en \u00c9cosse : grande victoire pour la sant\u00e9 publique, F\u00e9d\u00e9ration addiction, 3 mai 2018&nbsp;; <a href=\"%3chttps:\/www.federationaddiction.fr\/entree-en-vigueur-du-prix-minimum-de-lalcool-en-ecosse-grande-victoire-victoire-pour-la-sante-publique-en-europe\/\" class=\"broken_link\">https:\/\/www.federationaddiction.fr\/entree-en-vigueur-du-prix-minimum-de-lalcool-en-ecosse-grande-victoire-victoire-pour-la-sante-publique-en-europe\/<\/a> Consult\u00e9 le 28\/01\/2022.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"#_ftnref29\">[29]<\/a> Ibid.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><span class=\"rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">tdl<\/span> <span class=\"rt-time\">16<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span> Faisant leur apparition aux yeux du grand public en 2013, aux Etats-Unis, les Hard Seltzer sont des boissons gazeuses alcoolis\u00e9es comportant un faible taux d\u2019alcool ainsi qu\u2019un faible taux de sucre. Leurs ventes ont explos\u00e9 depuis 2016, et \u00e9mergent de plus en plus au sein du territoire de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n","protected":false},"author":22,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"status","meta":{"sfsi_plus_gutenberg_text_before_share":"","sfsi_plus_gutenberg_show_text_before_share":"","sfsi_plus_gutenberg_icon_type":"","sfsi_plus_gutenberg_icon_alignemt":"","sfsi_plus_gutenburg_max_per_row":"","spay_email":""},"categories":[263,333],"tags":[543,632],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3433"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/22"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3433"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3433\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3582,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3433\/revisions\/3582"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3433"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3433"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3433"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}