{"id":3126,"date":"2021-09-08T08:00:00","date_gmt":"2021-09-08T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.wine-law.org\/?p=3126"},"modified":"2021-11-08T17:35:26","modified_gmt":"2021-11-08T15:35:26","slug":"la-champagne-en-crise-dans-les-annees-1930","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/la-champagne-en-crise-dans-les-annees-1930\/","title":{"rendered":"La Champagne en crise dans les ann\u00e9es 1930"},"content":{"rendered":"<span class=\"rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">tdl<\/span> <span class=\"rt-time\">13<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span>\n<p><strong>Au cours de sa longue et dense histoire jusqu\u2019\u00e0 nos jours, la Champagne a connu bien des \u00e9pisodes p\u00e9rilleux, des p\u00e9riodes d\u00e9pressives et quelques crises intenses de diverses natures. Elle s\u2019en est toujours relev\u00e9e. La crise qui a s\u00e9vi dans les ann\u00e9es 1930 fut sans doute la plus intense. Confront\u00e9s aux pires difficult\u00e9s, vignerons et n\u00e9gociants se sont r\u00e9unis autour de l\u2019appellation Champagne, leur patrimoine commun, et ils ont recherch\u00e9 ensemble les mesures \u00e0 mettre en \u0153uvre pour sortir de cette crise. Il en est r\u00e9sult\u00e9 une impulsion dans la construction interprofessionnelle et un approfondissement du statut de l\u2019appellation.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La Champagne a \u00e9t\u00e9 durement frapp\u00e9e par la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Les combats ont meurtri le vignoble, les bombardements d\u00e9truit les b\u00e2timents, les champs de batailles mobilis\u00e9 les hommes. Tout est \u00e0 reconstruire. Et il faut aussi amplifier la reconstitution du vignoble apr\u00e8s l\u2019invasion phyllox\u00e9rique. En 1909, les exp\u00e9ditions de Champagne avaient fr\u00f4l\u00e9 les 40 millions de bouteilles, dont plus des deux tiers \u00e0 l\u2019exportation, avec des march\u00e9s solides comme la Belgique (7,6 millions de bouteilles), l\u2019Angleterre (7,3 millions de bouteilles), les Etats-Unis d\u2019Am\u00e9rique (1,8 million de bouteilles), la Russie (1,1 million de bouteilles) et l\u2019Allemagne (1 million de bouteilles). En 1921, les exp\u00e9ditions tombent \u00e0 12,5 millions de bouteilles et l\u2019ann\u00e9e suivante le march\u00e9 fran\u00e7ais, pourtant tr\u00e8s atteint, devance les march\u00e9s ext\u00e9rieurs, tous frapp\u00e9s d\u2019atonie. La baisse du pouvoir d\u2019achat des Fran\u00e7ais limitait beaucoup leur consommation et la fiscalit\u00e9, en particulier un nouvel imp\u00f4t surnomm\u00e9&nbsp;<em>taxe de luxe <\/em>car il frappait des produits qui n\u2019\u00e9taient pas de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9,est venue alourdir encore un peu plus le prix de vente du Champagne. A l\u2019\u00e9tranger, de nombreux march\u00e9s s\u2019effondr\u00e8rent ou m\u00eame se ferm\u00e8rent. Apr\u00e8s le trait\u00e9 de Versailles, qu\u2019ils qualifiaient de \u00ab&nbsp;<em>diktat&nbsp;\u00bb<\/em>, les Allemands n\u2019appr\u00e9ciaient plus gu\u00e8re le Champagne. En Russie, la fin du r\u00e9gime tsariste et l\u2019arriv\u00e9e des Soviets stopp\u00e8rent l\u2019engouement pour le Champagne. Aux \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique, au Canada et dans quelques autres pays, la prohibition interdisait la vente de tout alcool. Partout, des politiques protectionnistes frappaient le Champagne de droits de douane et de taxes int\u00e9rieures \u00e9lev\u00e9s qui le rendaient inaccessible pour la plupart des consommateurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La premi\u00e8re instance interprofessionnelle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 cette situation pr\u00e9occupante, le Syndicat du commerce des vins de Champagne et le Syndicat g\u00e9n\u00e9ral des vignerons de la Champagne d\u00e9limit\u00e9e se rapproch\u00e8rent pour rechercher ensemble des rem\u00e8des destin\u00e9s \u00e0 favoriser la reprise des exp\u00e9ditions. Certes, en 1921, ils alertaient le gouvernement en venant remettre au pr\u00e9sident du Conseil, entour\u00e9 de trois ministres, une imposante p\u00e9tition, sign\u00e9e par quelque 35 000 vignerons, n\u00e9gociants, salari\u00e9s, dirigeants et employ\u00e9s des industries annexes, commer\u00e7ants et entreprises locales, qui r\u00e9clamait la suppression de la <em>taxe de luxe<\/em>, la signature de trait\u00e9s de libre-\u00e9change et la lutte contre le protectionnisme&nbsp;; mais les deux syndicats comptaient surtout sur eux-m\u00eames pour am\u00e9liorer la situation. Le pr\u00e9sident des n\u00e9gociants, Bertrand de Mun, soutenu par son coll\u00e8gue vigneron, cr\u00e9a en 1921 la Ligue internationale des adversaires des prohibitions qui obtint en 1933 l\u2019abolition de la prohibition am\u00e9ricaine&nbsp;; il fut ensuite \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation de la Commission d\u2019exportation des vins de France puis du Comit\u00e9 international du commerce des vins, cidres, spiritueux et liqueurs qui, l\u2019une comme l\u2019autre, d\u00e9ploy\u00e8rent une intense activit\u00e9. En 1922, les deux syndicats form\u00e8rent de concert le Comit\u00e9 de propagande des vins de Champagne, dot\u00e9 d\u2019un secr\u00e9tariat pilot\u00e9 par Georges Chappaz, par ailleurs directeur de l\u2019Association viticole champenoise depuis 1919, et disposant d\u2019un budget aliment\u00e9 par une dotation initiale du Conseil g\u00e9n\u00e9ral de la Marne, puis par les contributions annuelles des deux syndicats. Cette premi\u00e8re instance interprofessionnelle \u00e9tait charg\u00e9e \u00ab&nbsp;<em>de la propagande, en France et dans le monde en faveur du vin de Champagne, de la constitution d\u2019une documentation sur le Champagne,<\/em> <em>de l\u2019\u00e9tude en commun des probl\u00e8mes qui se posent \u00e0 la Champagne viticole, de la coordination des actions des<\/em> <em>groupements membres dans la lutte contre la crise<\/em>&nbsp;\u00bb. D\u00e8s sa cr\u00e9ation, le Comit\u00e9 concevait une collection de photos et r\u00e9alisait un film consacr\u00e9 aux travaux de la vigne et \u00e0 l\u2019\u00e9laboration du vin, il \u00e9dita ensuite une brochure de pr\u00e9sentation du Champagne en plusieurs langues et une s\u00e9rie d\u2019affiches mettant en valeur les paysages champenois, il d\u00e9finit et mit en \u0153uvre une campagne publicitaire dans des journaux et revues, il diffusa des communiqu\u00e9s de presse, il invita et accueillit des journalistes, des sommeliers, des restaurateurs, des parlementaires, il participa en France \u00e0 des foires, des salons et des expositions. Mais, faute de moyens financiers suffisants, les activit\u00e9s de ce Comit\u00e9 d\u00e9clin\u00e8rent \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1920.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant cette p\u00e9riode qui suit la fin de la guerre, plusieurs \u00e9volutions sont apparues. Tout d\u2019abord, de nouveaux n\u00e9gociants s\u2019install\u00e8rent et, s\u2019approvisionnant dans les crus p\u00e9riph\u00e9riques \u00e0 bas prix et \u00e9laborant des vins sans respecter les usages qualitatifs, ils vendaient leur Champagne \u00e0 des prix tr\u00e8s attractifs&nbsp;: en 1925, de 5 \u00e0 6 francs la bouteille, soit trois fois moins que les n\u00e9gociants traditionnels. Plusieurs de ces nouveaux n\u00e9gociants d\u00e9velopp\u00e8rent, en Champagne, une production de vins mousseux \u00e0 partir de vins de base provenant de diff\u00e9rentes r\u00e9gions viticoles fran\u00e7aises. Par ailleurs, faute de trouver des acheteurs pour leurs raisins, certains vignerons se lanc\u00e8rent dans l\u2019\u00e9laboration et la commercialisation de leurs vins, tandis que d\u2019autres cr\u00e9aient des coop\u00e9ratives.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>De l\u2019euphorie \u00e0 la crise<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les exp\u00e9ditions de Champagne profit\u00e8rent d\u2019une br\u00e8ve embellie pour d\u00e9passer 36 millions de bouteilles en 1925. Cette expansion commerciale conduit alors les n\u00e9gociants \u00e0 rechercher plus de raisins et \u00e0 accepter de mieux les payer&nbsp;: le prix dans les crus \u00e0 100 % atteint 10 francs par kilo en 1926, 1927 et 1928 (6,36 euros). Puis, brusquement, un encha\u00eenement implacable intervient&nbsp;: la chute des exp\u00e9ditions de Champagne, qui tombent \u00e0 21 millions de bouteilles en 1927, alourdit le stock des n\u00e9gociants au moment o\u00f9 arrive la volumineuse r\u00e9colte 1929, au rendement de 10&nbsp;800 kilos de raisins \u00e0 l\u2019hectare \u00e0 comparer aux 4 200 kilos \u00e0 l\u2019hectare de rendement moyen lors des cinq r\u00e9coltes pr\u00e9c\u00e9dentes. Cette r\u00e9colte exc\u00e9dentaire incite les n\u00e9gociants \u00e0 restreindre leurs achats et, lors de la vendange 1930, le prix du kilo de raisins d\u00e9gringole&nbsp;: il descend en-dessous de 1 franc (0,59 euro) dans la plupart des communes&nbsp;; l\u2019\u00e9chelle des crus est abandonn\u00e9e et nombre de vignerons ne trouvent aucun acheteur pour leurs raisins. Certains mettent en vente leurs vignes, comme d\u2019ailleurs plusieurs n\u00e9gociants, mais les acheteurs sont rares et les prix d\u00e9risoires.<\/p>\n\n\n\n<p>Le krach de la Bourse de New York, le 19 octobre 1929, a provoqu\u00e9 une r\u00e9cession \u00e9conomique, d\u2019abord aux \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique, puis par propagation dans la plupart des pays du monde, qui s\u2019est traduite par une chute de la production, de l\u2019investissement, du commerce international, des prix et des revenus, avec la multiplication des faillites d\u2019entreprises et un ch\u00f4mage exponentiel. B\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une situation \u00e9conomique favorable en 1929 et 1930, la France reste un ilot de prosp\u00e9rit\u00e9 dans un monde en crise et elle se croit \u00e0 l\u2019abri. Apr\u00e8s les d\u00e9valuations de la livre sterling en 1931 et du dollar en 1933 et 1934, la chute des exportations de produits agricoles, en raison de prix devenus 20 % sup\u00e9rieurs aux cours mondiaux, et la baisse de la production industrielle alertent enfin le gouvernement&nbsp;; mais les mesures qu\u2019il prend sont trop tardives, marginales et insuffisantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9fet de la Marne se pr\u00e9occupe de la situation des vignerons. En 1931, dans un communiqu\u00e9 de presse, il attribue \u00e0 quelques repr\u00e9sentants des n\u00e9gociants et des vignerons, qu\u2019il avait r\u00e9unis, la d\u00e9finition d\u2019un prix pour les crus \u00e0 100 % entre 2,50 et 3 francs par kilo, \u00ab&nbsp;<em>mais qui ne doit en aucun cas descendre en dessous de 2,50 francs&nbsp;<\/em>\u00bb. Lors de la vendange, les prix s\u2019\u00e9tablirent autour de 1,50 franc (0,95 euro), parfois moins. Le pr\u00e9fet r\u00e9cidive les ann\u00e9es suivantes et tente d\u2019imposer un prix minimum. Mais sans support r\u00e9glementaire contraignant, les prix continuent de s\u2019\u00e9crouler et aboutissent, en 1934, lors de rares transactions, \u00e0 0,50 franc le kilo (0,37 euro), soit moins que le cours des vins de consommation courante, bien loin des 10 francs pay\u00e9s quelques ann\u00e9es auparavant. Alors que les exportations de Champagne, affect\u00e9es par la r\u00e9cession \u00e9conomique mondiale, se sont effondr\u00e9es en 1932 \u00e0 4,3 millions de bouteilles, apr\u00e8s une moyenne annuelle de 14 millions de bouteilles de 1923 \u00e0 1929, la plupart des n\u00e9gociants traditionnels, sous le poids d\u2019un stock consid\u00e9rable, \u00e9quivalent \u00e0 pr\u00e8s de six ann\u00e9es d\u2019exp\u00e9ditions, cessent quasiment d\u2019acheter des raisins.<\/p>\n\n\n\n<p>Les nouveaux n\u00e9gociants install\u00e9s au d\u00e9but du si\u00e8cle profitent de cette situation et leurs ventes, presque exclusivement sur le march\u00e9 fran\u00e7ais, et \u00e0 bas prix, progressent vite. Dans une note remise au pr\u00e9fet de la Marne avant la vendange 1932, le Syndicat g\u00e9n\u00e9ral des vignerons de la Champagne viticole met en cause ces n\u00e9gociants&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Ils ont cru qu\u2019ils \u00e9taient n\u00e9cessaires pour regagner une client\u00e8le presque essentiellement fran\u00e7aise, qu\u2019il fallait avilir le Champagne \u00e0 des prix d\u00e9fiant toute concurrence. Leur prix de vente ne tient aucun compte du prix minimum indispensable au vigneron pour seulement vivre et tenir. Il comprend leurs frais g\u00e9n\u00e9raux et leur b\u00e9n\u00e9fice, auxquels s\u2019ajoute le prix d\u2019achat qui, celui-l\u00e0 est presque uniquement fonction du degr\u00e9 de famine du vigneron chez lequel ils se pr\u00e9sentent. Ils procurent du pain \u00e0 la maisonn\u00e9e pour quelques semaines au bout desquelles<\/em> <em>le vigneron est de nouveau sans le sou<\/em>&nbsp;\u00bb. Le 24 septembre 1932, plusieurs milliers de vignerons d\u00e9filent \u00e0 Epernay, dans la discipline et la dignit\u00e9, pour manifester leur d\u00e9sarroi et attirer l\u2019attention du gouvernement. La presse s\u2019empare du sujet et un reporter du <em>Petit Journal<\/em>, principal quotidien fran\u00e7ais, \u00e9crit en novembre 1932&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>On me citait des familles on l\u2019on ne vit plus que de pommes de terre \u2026 et de vin. Boulangers et<\/em> <em>bouchers sont aux abois. On leur doit deux ann\u00e9es de pain et de viande<\/em>&nbsp;\u00bb. Les rares vignerons qui r\u00e9ussirent \u00e0 vendre toute leur r\u00e9colte en obtiennent un revenu inf\u00e9rieur de moiti\u00e9 au co\u00fbt de production des raisins. De 1929 \u00e0 1935, la Champagne produit deux fois plus de raisins qu\u2019elle ne commercialise de vins.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-text-color has-background has-black-background-color has-black-color is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<p><strong>Discours de Bertrand de Mun, pr\u00e9sident du Syndicat du commerce des vins de Champagne, lors de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Association viticole champenoise le 20 mai 1934<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Contrairement \u00e0 ce que pensent et \u00e0 ce que font quelques-uns, il n\u2019est pas dans l\u2019int\u00e9r\u00eat bien compris du commerce d\u2019acheter les r\u00e9coltes des vignerons \u00e0 des prix de famine, pour vendre lui-m\u00eame \u00e0 des prix d\u00e9risoires. Pour la r\u00e9putation de nos vins, et dans l\u2019int\u00e9r\u00eat m\u00eame de la Champagne toute enti\u00e8re, vignerons, n\u00e9gociants, travailleurs des caves et des industries annexes, il est indispensable que la bouteille au sortir de la cave ne descende pas au-dessous d\u2019un minimum de qualit\u00e9 et de prix. Le Syndicat du commerce des vins de Champagne est, sur ce point, en parfait accord avec le Syndicat g\u00e9n\u00e9ral des vignerons de la Champagne&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-text-color has-background has-black-background-color has-black-color is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<p>Le Syndicat g\u00e9n\u00e9ral des vignerons de la Champagne d\u00e9limit\u00e9e et le Syndicat du commerce des vins de Champagne d\u00e9cid\u00e8rent d\u2019unir leurs efforts afin de rechercher les mesures les mieux adapt\u00e9es pour lutter contre une situation pernicieuse et susciter un r\u00e9tablissement \u00e9conomique. Le Comit\u00e9 de propagande des vins de Champagne n\u2019\u00e9tant pas un cadre adapt\u00e9, les deux syndicats demand\u00e8rent au pr\u00e9fet de la Marne de cr\u00e9er une nouvelle institution.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9unie le 16 mai 1931 \u00e0 la pr\u00e9fecture de la Marne, la Commission de propagande et de d\u00e9fense du vin de Champagne formait une vaste assembl\u00e9e compos\u00e9e de parlementaires, de conseillers g\u00e9n\u00e9raux, des maires des principales communes viticoles, de sous-pr\u00e9fets et de fonctionnaires de plusieurs services de l\u2019Etat, de repr\u00e9sentants des chambres d\u2019agriculture et de commerce, de la Banque de France et du cr\u00e9dit agricole, aux c\u00f4t\u00e9s de huit repr\u00e9sentants du Syndicat du commerce des vins de Champagne et de huit repr\u00e9sentants du Syndicat g\u00e9n\u00e9ral des vignerons de la Champagne d\u00e9limit\u00e9e. Trois sous-commissions ont \u00e9t\u00e9 aussit\u00f4t charg\u00e9es, la premi\u00e8re \u00ab&nbsp;<em>des mesures \u00e0 envisag\u00e9es pour intensifier les ventes \u00e0 l\u2019\u00e9tranger&nbsp;\u00bb, <\/em>la seconde<em> \u00ab&nbsp;de la propagande et des mesures l\u00e9gislatives ou autres susceptibles de rem\u00e9dier dans l\u2019avenir et d\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 la crise actuelle de surproduction et de sous-consommation, <\/em>la troisi\u00e8me<em> \u00ab&nbsp;des mesures \u00e0 prendre imm\u00e9diatement dans le cadre local en vue d\u2019assurer<\/em> <em>l\u2019\u00e9coulement de la prochaine r\u00e9colte<\/em>&nbsp;\u00bb. Ces sous-commissions se mirent rapidement au travail. Et une relation directe et permanente s\u2019est \u00e9tablie pour suivre tous les sujets entre Maurice Doyard, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Syndicat g\u00e9n\u00e9ral des vignerons de la Champagne d\u00e9limit\u00e9e, et Bertrand de Mun, pr\u00e9sident du Syndicat du commerce des vins de Champagne.<\/p>\n\n\n\n<p>La Commission de propagande et de d\u00e9fense du vin de Champagne s\u2019effor\u00e7a d\u2019agir sur les volumes. Les vignerons furent encourag\u00e9s \u00e0 garder une partie de leur r\u00e9colte. Avec l\u2019autorisation d\u00e9rogatoire de l\u2019administration fiscale, des collectives de vins de vignerons ont \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9es dans les locaux de n\u00e9gociants : ces vins tranquilles sans appellation \u00e9taient repris par certains d\u2019entre eux qui s\u2019effor\u00e7aient ensuite de les vendre en vrac, comme vins de table, aupr\u00e8s des pinardiers de Bercy, ou ils \u00e9taient achet\u00e9s ult\u00e9rieurement par le n\u00e9gociant logeur. Le mouvement coop\u00e9ratif se d\u00e9veloppa et en 1939 fut constitu\u00e9e la F\u00e9d\u00e9ration des coop\u00e9ratives vinicoles de la Champagne qui regroupait 28 coop\u00e9ratives. De son c\u00f4t\u00e9, l\u2019Association viticole champenoise apporta conseils de vinification et assistance technique aux vignerons qui \u00e9laboraient dans leurs locaux des vins tranquilles ou du Champagne. En 1939, 1&nbsp;300 r\u00e9coltants-manipulants commercialisaient quelque 2 millions de bouteilles de Champagne, soit 7,2 % des exp\u00e9ditions totales. La vente des vins tranquilles (rouges, mais aussi blancs et m\u00eame ros\u00e9s), auxquels la loi du 22 juillet 1927 avait attribu\u00e9 la d\u00e9nomination \u00ab&nbsp;<em>Vin originaire de la champagne<\/em> <em>viticole<\/em>&nbsp;\u00bb, progressa \u00e0 partir de 1934 et pr\u00e8s des deux tiers de la r\u00e9colte auboise \u00e9tait \u00e9coul\u00e9e de cette fa\u00e7on. Mais ces initiatives restaient bien insuffisantes pour assainir une \u00e9conomie champenoise profond\u00e9ment affect\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des r\u00e8gles \u00e0 la fois qualitatives et \u00e9conomiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019issue de nombreuses et longues r\u00e9unions, la Commission de propagande et de d\u00e9fense du vin de Champagne a d\u00e9fini, loin de toute facilit\u00e9, des r\u00e8gles qualitatives rigoureuses concernant la viticulture, le pressurage et l\u2019\u00e9laboration des vins qui visaient une sortie de crise ambitieuse et vertueuse en d\u00e9pit d\u2019un environnement \u00e9conomique d\u00e9favorable. Ces mesures, relay\u00e9es aupr\u00e8s du gouvernement et de la chambre des d\u00e9put\u00e9s par Gaston Poittevin, vice-pr\u00e9sident du Syndicat g\u00e9n\u00e9ral des vignerons de la Champagne d\u00e9limit\u00e9e et d\u00e9put\u00e9 de la Marne, et Paul Marchandeau, d\u00e9put\u00e9-maire de Reims et ministre influent du gouvernement, furent codifi\u00e9es dans le d\u00e9cret-loi du 28 septembre 1935 modifiant et compl\u00e9tant la loi du 6 mai 1919 relative \u00e0 la protection des appellations d\u2019origine.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce texte ajoutait \u00e0 la d\u00e9limitation et \u00e0 l\u2019enc\u00e9pagement, d\u00e9finis par la loi du 22 juillet 1927, des r\u00e8gles suppl\u00e9mentaires pour l\u2019appellation Champagne. Tout d\u2019abord, alors qu\u2019auparavant la totalit\u00e9 des r\u00e9coltes \u00e9tait revendiqu\u00e9es en appellation, un rendement \u00e9gal \u00e0 50 hectolitres \u00e0 l\u2019hectare est fix\u00e9 pour b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019appellation&nbsp;: ce rendement \u00e9tait modifiable chaque ann\u00e9e avant la vendange, \u00e0 la hausse ou \u00e0 la baisse. De m\u00eame, alors qu\u2019ant\u00e9rieurement l\u2019appellation pouvait \u00eatre conf\u00e9r\u00e9e \u00e0 la totalit\u00e9 des quantit\u00e9s pressur\u00e9es, y compris les vins de reb\u00eaches, le pressurage devenait encadr\u00e9&nbsp;: le volume obtenu au-del\u00e0 d\u2019un hectolitre par 150 kilogrammes de raisins est \u00e9limin\u00e9 de l\u2019appellation. Et les mo\u00fbts devaient pr\u00e9sent\u00e9s un degr\u00e9 minimum d\u2019alcool fix\u00e9 chaque ann\u00e9e. De plus, les lies et vins de d\u00e9gorgement \u00e9taient d\u00e9sormais exclus de l\u2019appellation \u00e0 raison de 2,5 % des volumes \u00e9labor\u00e9s. Ces diff\u00e9rentes mesures visaient certes \u00e0 imposer des contraintes qualitatives, alors que l\u2019absence de toute r\u00e9glementation permettait auparavant \u00e0 des \u00e9laborateurs peu scrupuleux de vendre \u00e0 bas prix des vins de pi\u00e8tre qualit\u00e9 qui nuisaient \u00e0 la renomm\u00e9e du Champagne et favorisaient une concurrence d\u00e9loyale \u00e0 l\u2019encontre des vignerons, des coop\u00e9ratives et des n\u00e9gociants respectueux des usages locaux, loyaux et constants. Mais il s\u2019agissait aussi de r\u00e9guler l\u2019offre, de r\u00e9duire les quantit\u00e9s revendiqu\u00e9es en appellation afin de les adapter \u00e0 une demande insuffisante des consommateurs. Le d\u00e9cret-loi instaurait \u00e9galement une dur\u00e9e minimale de vieillissement&nbsp;: alors que certains professionnels commercialisaient leur Champagne d\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e suivant la r\u00e9colte, aucun vin ne pouvait plus \u00eatre exp\u00e9di\u00e9 avant un d\u00e9lai de 12 mois \u00e0 compter du tirage en bouteilles. Du c\u00f4t\u00e9 de la viticulture, le d\u00e9cret-loi interdisait l\u2019incision annulaire et autres pratiques similaires, qui favorisaient des rendements \u00e9lev\u00e9s au d\u00e9triment de la qualit\u00e9, et il retenait que toute vigne ne pouvait \u00eatre r\u00e9colt\u00e9e en appellation qu\u2019\u00e0 partir de la troisi\u00e8me feuille apr\u00e8s la plantation. Un d\u00e9cret du 13 janvier 1938 a r\u00e9glement\u00e9 ensuite la conduite et la taille de la vigne afin de favoriser des rendements qualitatifs.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-text-color has-background has-black-background-color has-black-color is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<p><strong>Les r\u00e8gles fix\u00e9es par le d\u00e9cret-loi du 28 septembre 1935 ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9es par Maurice Doyard et adopt\u00e9es par la Commission de propagande et de d\u00e9fense du vin de Champagne<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Rien dans notre projet qui soit une demande \u00e0 l\u2019Etat d\u2019instituer en Champagne une \u00e9conomie dirig\u00e9e. Au contraire, votre Commission a recherch\u00e9 l\u2019accord des membres de notre corporation pour instituer une disciple \u2026 Nous d\u00e9sirons notre Champagne viticole elle-m\u00eame ma\u00eetresse de ses destins en vertu du vieil adage&nbsp;: aide-toi, le ciel t\u2019aidera. Nous n\u2019attendons pas notre salut de concours ext\u00e9rieurs qui seront toujours \u00e9minemment pr\u00e9caires en admettant qu\u2019on nous les accorde. Nous ne recherchons le salut de la Champagne viticole que dans la corporation organis\u00e9e, mais aussi disciplin\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00bb. Maurice Doyard<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-text-color has-background has-black-background-color has-black-color is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<p>Toutes ces r\u00e8gles, alors sans \u00e9quivalent en France et dans le monde, constituaient le statut de l\u2019appellation Champagne et elles en faisaient la premi\u00e8re des appellations d\u2019origine contr\u00f4l\u00e9es. Elles sont rest\u00e9es longtemps en application avant d\u2019\u00eatre peu \u00e0 peu renforc\u00e9es puis compl\u00e9t\u00e9es, et enfin rassembl\u00e9es dans le cahier des charges actuellement en vigueur.<\/p>\n\n\n\n<p>Les repr\u00e9sentants des vignerons et des n\u00e9gociants r\u00e9unis au sein de la Commission de propagande et de d\u00e9fense du vin de Champagne se mirent \u00e9galement d\u2019accord pour demander l\u2019interdiction d\u2019\u00e9laborer des vins mousseux autres que le Champagne \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Champagne viticole. A la fin des ann\u00e9es 1920 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930, cette production se situait chaque ann\u00e9e autour de 6 millions de bouteilles, alors que les exp\u00e9ditions de Champagne plafonnaient \u00e0 une moyenne annuelle de 25 millions de bouteilles. Pr\u00e9sent\u00e9s avec un habillage similaire \u00e0 celui du Champagne et des mentions telles que \u00ab&nbsp;<em>\u00c9labor\u00e9 \u00e0<\/em> <em>Epernay en Champagne<\/em>&nbsp;\u00bb, ces vins mousseux \u00e9taient vendus \u00e0 des prix tr\u00e8s inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux du Champagne. Il en r\u00e9sultait une confusion dans l\u2019esprit des consommateurs et une concurrence d\u00e9loyale \u00e0 l\u2019encontre des \u00e9laborateurs de Champagne. La loi du 20 mars 1934, modifi\u00e9e et compl\u00e9t\u00e9e en 1977, qui est toujours en vigueur, a interdit une telle production.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des mesures interprofessionnelles efficaces<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9cret-loi du 28 septembre 1935 avait cr\u00e9\u00e9, toujours \u00e0 la demande des deux syndicats, une nouvelle instance&nbsp;: la Commission sp\u00e9ciale de la Champagne viticole. Sa composition \u00e9tait plus r\u00e9duite que celle de la Commission pr\u00e9c\u00e9dente et les larges comp\u00e9tences que le d\u00e9cret-loi lui avait conf\u00e9r\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9es par une sous-commission compos\u00e9e exclusivement, et \u00e0 parit\u00e9, de professionnels. Un secr\u00e9tariat permanent, qui r\u00e9unissait Maurice Doyard, repr\u00e9sentant des vignerons, et Robert-Jean de Vog\u00fc\u00e9, repr\u00e9sentant des n\u00e9gociants, pr\u00e9parait les mesures \u00e0 prendre et veillait \u00e0 leur application. Cette dualit\u00e9, qui a bien fonctionn\u00e9, fut le point de d\u00e9part vers la co-pr\u00e9sidence ult\u00e9rieure du Comit\u00e9 interprofessionnel du vin de Champagne cr\u00e9\u00e9 en 1941. Et le r\u00f4le du pr\u00e9fet de la Marne, qui pr\u00e9sidait les travaux de la Commission et servait de relais avec les services de l\u2019Etat, esquissait la fonction future du commissaire du gouvernement aupr\u00e8s du Comit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9cisions annuelles de la sous-commission relatives au rendement \u00e0 l\u2019hectare et au degr\u00e9 minimum des mo\u00fbts \u00e9taient rendues obligatoires, apr\u00e8s avis du Comit\u00e9 national des appellations d\u2019origine, par arr\u00eat\u00e9 du ministre charg\u00e9 de l\u2019agriculture. Elle d\u00e9cida m\u00eame, en 1938, sans en avoir le pouvoir, de bloquer une partie de la r\u00e9colte (au-del\u00e0 de 4&nbsp;500 kilos \u00e0 l\u2019hectare). Elle exer\u00e7ait \u00e9galement le pouvoir de fixer le prix minimum des raisins et des vins clairs revendiqu\u00e9s en appellation Champagne&nbsp;; et elle d\u00e9terminait aussi la date des \u00e9ch\u00e9ances du paiement. Prix et \u00e9ch\u00e9ances \u00e9taient ensuite rendus obligatoires, lors de chaque vendange, par un arr\u00eat\u00e9 pr\u00e9fectoral dans les d\u00e9partements concern\u00e9s. En cas de non-respect du prix, la loi du 26 ao\u00fbt 1936 pr\u00e9voyait, \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019acheteur, la perte du droit \u00e0 l\u2019appellation et une lourde amende fiscale.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Totalement in\u00e9dit \u00e0 l\u2019\u00e9poque, ce dispositif r\u00e9glementaire, certes \u00e0 objectif qualitatif, visait \u00e9galement \u00e0 lutter contre la crise. Les prescriptions pour la taille de la vigne, la d\u00e9termination du rendement \u00e0 l\u2019hectare et du degr\u00e9 minimum pour les mo\u00fbts, la limitation du rendement au pressurage et l\u2019\u00e9limination des sous-produits issus de l\u2019\u00e9laboration ont eu pour effet direct et imm\u00e9diat de r\u00e9duire les volumes en appellation Champagne et de les ajuster aux besoins commerciaux des march\u00e9s fran\u00e7ais et d\u2019exportation. Les quantit\u00e9s r\u00e9colt\u00e9es au-del\u00e0 du rendement \u00e0 l\u2019hectare \u00e9taient \u00e9labor\u00e9es en vins tranquilles sans appellation. L\u2019offre de raisins par les vignerons \u00e9tant adapt\u00e9e, lors de chaque vendange, \u00e0 la demande des n\u00e9gociants, il devenait plus ais\u00e9 de revaloriser le prix minimum du kilo de raisin revendiqu\u00e9 en appellation Champagne et de le faire progresser&nbsp;: de 1,30 franc (1,03 euro) en 1935, il est pass\u00e9 en 1940 \u00e0 8,50 francs (3,55 euros) pour les crus du sommet de l\u2019\u00e9chelle. Dans le m\u00eame temps, sous l\u2019effet des actions collectives pour relancer la consommation, les exp\u00e9ditions retrouv\u00e8rent le niveau des ann\u00e9es qui pr\u00e9c\u00e9daient la guerre et l\u2019exportation, de 4,3 millions de bouteilles en 1932, d\u00e9passa les 10 millions de bouteilles \u00e0 partir de 1936, loin quand m\u00eame des quelque 21 millions de bouteilles, en moyenne annuelle, exp\u00e9di\u00e9es avant la guerre. Le march\u00e9 fran\u00e7ais devenait dominant, et pour tr\u00e8s longtemps, par rapport aux march\u00e9s ext\u00e9rieurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce redressement \u00e9conomique a \u00e9t\u00e9 brutalement stopp\u00e9, \u00e0 partir de juin 1940, par l\u2019occupation allemande et la Seconde Guerre mondiale. Alors qu\u2019elle \u00e9tait en bonne voie de r\u00e9tablissement, la Champagne devait affronter une nouvelle et longue p\u00e9riode de grandes difficult\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Jean-Luc Barbier<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Docteur d\u2019Etat en droit, Charg\u00e9 d\u2019enseignement \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Reims<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>(<em>Texte r\u00e9dig\u00e9 en d\u00e9cembre 2020<\/em>)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><span class=\"rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">tdl<\/span> <span class=\"rt-time\">13<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span> Au cours de sa longue et dense histoire jusqu\u2019\u00e0 nos jours, la Champagne a connu bien des \u00e9pisodes p\u00e9rilleux, des p\u00e9riodes d\u00e9pressives et quelques crises intenses de diverses natures. Elle s\u2019en est toujours relev\u00e9e. La crise qui a s\u00e9vi dans les ann\u00e9es 1930 fut sans doute la plus intense. Confront\u00e9s aux pires difficult\u00e9s, vignerons et n\u00e9gociants se sont r\u00e9unis autour de l\u2019appellation Champagne, leur patrimoine commun, et ils ont recherch\u00e9 ensemble les mesures \u00e0 mettre en \u0153uvre pour sortir de cette crise. Il en est r\u00e9sult\u00e9 une impulsion dans la construction interprofessionnelle et un approfondissement du statut de l\u2019appellation.<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"status","meta":{"sfsi_plus_gutenberg_text_before_share":"","sfsi_plus_gutenberg_show_text_before_share":"","sfsi_plus_gutenberg_icon_type":"","sfsi_plus_gutenberg_icon_alignemt":"","sfsi_plus_gutenburg_max_per_row":"","spay_email":""},"categories":[189,263,372],"tags":[395,510],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3126"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3126"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3126\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3238,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3126\/revisions\/3238"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3126"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3126"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3126"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}