{"id":2346,"date":"2020-11-10T08:05:00","date_gmt":"2020-11-10T06:05:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.wine-law.org\/?p=2346"},"modified":"2021-01-06T16:17:12","modified_gmt":"2021-01-06T14:17:12","slug":"lechelle-des-crus-en-champagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/lechelle-des-crus-en-champagne\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9chelle des crus en Champagne"},"content":{"rendered":"<span class=\"rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">tdl<\/span> <span class=\"rt-time\">11<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span>\n<p>L&rsquo;article ci-dessous est une reproduction de l&rsquo;article : BARBIER (Jean-Luc), <em>L&rsquo;\u00e9chelle des crus en Champagne<\/em>, La Champagne Viticole, juin 2020, pp. 60-61.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.lachampagneviticole.fr\/blog\/2020\/06\/06\/lechelle-des-crus-en-champagne-1re-partie\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\" class=\"broken_link\">Ce lien renvoi vers la version en ligne, disponible pour les abonn\u00e9s.<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Alors m\u00eame qu\u2019elle a disparu il y a presque vingt ans, l\u2019\u00e9chelle des crus est toujours mentionn\u00e9e par des m\u00e9dias, en France et ailleurs, et m\u00eame aussi parfois par les vignerons et les maisons de Champagne eux-m\u00eames. Il est vrai que la classification des communes viticoles champenoises a \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur des relations entre vendeurs et acheteurs de raisins \u00e0 partir de 1911 et jusqu\u2019en 2003.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s l\u2019Antiquit\u00e9, en \u00c9gypte, en Gr\u00e8ce, \u00e0 Rome, et tout au long des si\u00e8cles, le prix des vins a vari\u00e9 selon leur origine et aussi les p\u00e9riodes de l\u2019histoire. Il en a \u00e9t\u00e9 de m\u00eame en Champagne. Au d\u00e9but de l\u2019effervescence, Jean Godinot dans son ouvrage <em>Mani\u00e8re de cultiver la vigne et de faire<\/em> <em>le vin en Champagne<\/em>, publi\u00e9 en 1718, cite<em> Auvill\u00e9<\/em>, <em>Ay<\/em>, <em>Epernay<\/em>, <em>Cumieres<\/em>, <em>Pierry<\/em>, <em>Fleury<\/em>, <em>Damery<\/em>, <em>Vante\u00fcil &amp; autres<\/em> (qualifi\u00e9s de <em>vins de Rivi\u00e8re<\/em>) et <em>Verzenay<\/em>, <em>Sillery<\/em>, <em>Saint- Thierry<\/em>, <em>Taissy<\/em>, <em>Mailly<\/em>, <em>Rilly &amp;<\/em> <em>quelques autres<\/em> (qualifi\u00e9s de <em>vins de Montagne<\/em>). En 1752, Nicolas Bidet, dans son <em>Trait\u00e9 sur la culture des<\/em> <em>vignes<\/em>, confirme cette liste en ajoutant <em>Ludes<\/em>, <em>Chigny<\/em>, <em>Villers-Allerans<\/em>, <em>Disy<\/em> et <em>Mareuil<\/em>, et il justifie son choix par la nature et la qualit\u00e9 des sols. Une premi\u00e8re classification d\u00e9taill\u00e9e est r\u00e9alis\u00e9e par Andr\u00e9 Jullien. Dans son ouvrage <em>Topographie de tous les vignobles connus<\/em>, publi\u00e9 en 1816, il r\u00e9pertorie les principaux vins de France dans cinq classes distinctes en s\u00e9parant les vins rouges et les vins blancs. L\u2019auteur distingue une province Champagne qui r\u00e9unit notamment les d\u00e9partements de la Marne et de l\u2019Aube. Dans la Marne, pour les vins rouges, figurent en premi\u00e8re classe <em>Verzy, Verzenay<\/em>, <em>Mailly<\/em> <em>et<\/em> <em>Saint-Basle<\/em>, <em>Bouzy,<\/em> <em>le clos de Saint-Thierry,<\/em> en deuxi\u00e8me classe&nbsp;<em>Hautvillers<\/em>, <em>Mareuil<\/em>, <em>Disy,<\/em> <em>Pierry<\/em>, <em>Epernay<\/em>, puis <em>Taisy<\/em>, <em>Ludes,<\/em> <em>Chigny<\/em>, <em>Rilly<\/em>, <em>Villers Allerand<\/em> et&nbsp; <em>Cumi\u00e8res<\/em>. en troisi\u00e8me classe <em>Villedemange<\/em>, <em>Ecueil<\/em> et <em>Chamery<\/em>, <em>Chenay<\/em>, <em>Hermonville<\/em>, puis <em>Avenay<\/em>, <em>Champillon<\/em> et <em>Damery<\/em>, en quatri\u00e8me classe <em>Vertus<\/em>, <em>Mardeuil<\/em>, <em>Montelon<\/em>, <em>Moussy<\/em>, <em>Vinay<\/em>, <em>Chaveau<\/em>, <em>Mancy<\/em>, puis <em>Venteuil<\/em>, <em>Reuil<\/em>, <em>Fleury-la \u2013Rivi\u00e8re<\/em>, <em>Chatillon<\/em>, <em>Romery<\/em>, <em>Vincelles<\/em>, <em>Cormoyeux<\/em>, <em>Villers<\/em>, <em>\u0152uilly<\/em>, &nbsp;<em>Vandi\u00e8res<\/em>, <em>Verneui<\/em>l et <em>Troissy<\/em>. Pour les vins blancs, sont mentionn\u00e9s en premi\u00e8re classe <em>Sillery et communes proches<\/em>, <em>Ay<\/em>, <em>Mareuil<\/em>, <em>Hautvillers<\/em>, <em>Pierry<\/em> et <em>Disy<\/em>, et en deuxi\u00e8me classe <em>Cramant, Avise<\/em>, <em>Oger <\/em>et<em> le Mesnil<\/em>. Dans l\u2019Aube, pour les vins rouges, &nbsp;figurent en premi\u00e8re classe <em>Les Riceys<\/em>, <em>Balnot-sur-Laigne, Avirey<\/em> et <em>Bagneux-la-Fosse<\/em>, et en deuxi\u00e8me classe <em>Bar-sur-Aube<\/em>, <em>Bar-sur-Seine<\/em>, <em>Gy\u00e9<\/em>, <em>Neuville<\/em> et<em> Landreville.<\/em> Par la suite, d\u2019autres auteurs ont \u00e9tabli des classements diff\u00e9rents et Jullien a m\u00eame modifi\u00e9 sa classification lors des \u00e9ditions ult\u00e9rieures de son ouvrage. Dans tous les cas, il s\u2019agissait de vins tranquilles pr\u00eats \u00e0 la consommation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une premi\u00e8re tentative en 1873&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de la fin des ann\u00e9es 1860, les n\u00e9gociants cess\u00e8rent progressivement d\u2019acheter des vins clairs aupr\u00e8s des vignerons et, soucieux de s\u00e9curiser et de p\u00e9renniser leurs approvisionnements dans un p\u00e9riode de forte progression des ventes de Champagne (elles sont multipli\u00e9es par quatre au cours de la seconde moiti\u00e9 du XIX\u00e8me si\u00e8cle), ils commenc\u00e8rent \u00e0 acheter des raisins lors de la vendange. Un march\u00e9 s\u2019est constitu\u00e9 et, en 1873, la presse locale publia un premier relev\u00e9 du prix du kilo de raisins pratiqu\u00e9 dans chaque commune viticole. Les prix \u00e9taient fix\u00e9s unilat\u00e9ralement par chaque acheteur et sans aucune discussion avec les vendeurs. En 1890, ce sont les repr\u00e9sentants des vignerons d\u2019Ay qui r\u00e9ussirent \u00e0 obtenir une rencontre avec les principaux n\u00e9gociants acheteurs dans ce cru afin de d\u00e9battre du sujet&nbsp;; chaque partie pr\u00e9senta sa position en argumentant, mais aucun prix ne fut convenu. D\u00e8s sa cr\u00e9ation en 1905, la F\u00e9d\u00e9ration des syndicats de la Champagne, qui r\u00e9unissait des syndicats communaux de vignerons, proposa au Syndicat du commerce des vins de Champagne, constitu\u00e9 en 1882 et rassemblant les n\u00e9gociants traditionnels, de d\u00e9finir une \u00e9chelle des prix du raisin selon les crus d\u2019origine. L\u2019objectif \u00e9tait de d\u00e9terminer automatiquement le prix \u00e0 appliquer dans chaque commune lors de la vendange&nbsp;: \u00e0 partir du prix pour les grands crus, convenu chaque ann\u00e9e entre les deux organisations professionnelles, aurait d\u00e9coul\u00e9 le prix pour les premiers crus, \u00e9gal aux 7\/10<sup>i\u00e8me<\/sup> des grands crus, le prix des deuxi\u00e8mes crus, \u00e9gal au 3\/5<sup>i\u00e8me<\/sup> des premiers crus, et le prix des troisi\u00e8mes crus, \u00e9gal aux 2\/3 des deuxi\u00e8mes crus. Cette proposition ne retint pas l\u2019attention des n\u00e9gociants qui pr\u00e9f\u00e9raient se mettre d\u2019accord entre eux pour fixer seuls le prix pay\u00e9 aux vignerons dans chaque cru et \u00e0 chaque vendange. Si les raisins des grands crus \u00e9taient recherch\u00e9s et plut\u00f4t bien pay\u00e9s, ceux de nombreux autres crus \u00e9taient achet\u00e9s \u00e0 des prix erratiques et souvent tr\u00e8s bas. Le &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Syndicat du commerce des vins de Champagne invoquait ses statuts qui lui interdisaient d\u2019intervenir dans \u00ab&nbsp;<em>la fixation des prix des raisins et des vins<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la suite de la r\u00e9volte des vignerons marnais en avril 1911, le pr\u00e9fet de la Marne, pr\u00e9occup\u00e9 d\u2019\u00e9viter des conflits au cours de la vendange, suscita une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale extraordinaire du Syndicat du commerce des vins de Champagne au cours de laquelle il demanda aux n\u00e9gociants d\u2019organiser dans les communes des rencontres avec les vignerons. Le compte rendu de ces r\u00e9unions, \u00e9tabli \u00ab&nbsp;<em>\u00e0 titre<\/em> <em>officieux et confidentiel<\/em>&nbsp;\u00bb par le Syndicat du commerce des vins de Champagne, exprimait sans d\u00e9tour la difficult\u00e9 des discussions. Elles aboutirent parfois, comme \u00e0 Mareuil-sur-A\u00ff&nbsp;: \u00ab <em>Accord imm\u00e9diat et facile aux 9\/10 d\u2019Ay<\/em>&nbsp;\u00bb. Mais il a fallu &nbsp;aussi beaucoup de temps pour conclure, comme \u00e0 Pierry&nbsp;: \u00ab <em>Les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s vignerons demandent 12% au-dessous d\u2019Ay. C\u2019est presque les 9\/10 d\u2019Ay. Prix sans pr\u00e9c\u00e9dent. Les acheteurs offrent les 6\/10 \u00bd d\u2019Ay. L\u2019\u00e9cart est consid\u00e9rable. Les vignerons abaissent leurs pr\u00e9tentions aux 8\/10 d\u2019Ay. Les acheteurs augmentent progressivement leurs concessions jusqu\u2019aux 7\/10 \u00bd d\u2019Ay, prix qui d\u00e9passe toutes leurs pr\u00e9visions et qui peut avoir une r\u00e9percussion \u00e0<\/em> <em>Hautvillers et \u00e0 Cumi\u00e8res. Les vignerons maintiennent leurs pr\u00e9tentions aux 8\/10. Quelques jours<\/em> <em>plus tard, ils font savoir qu\u2019ils acceptent les 7\/10 \u00bd<\/em>&nbsp;\u00bb.&nbsp;Dans certaines communes, c\u2019\u00e9tait un constat d\u2019\u00e9chec, comme \u00e0 Chouilly&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Les vignerons demandent le prix de Cramant en argumentant sur le fait que des vignerons de Cramant ont des vignes \u00e0 Chouilly. Les acheteurs ne peuvent admettre que Chouilly soit mis sur un pied \u00e9gal \u00e0 Cramant et sup\u00e9rieur au Mesnil, \u00e0 Oger et \u00e0 Grauves. Ils offrent, comme \u00e0 Grauves, le maximum admissible, soit les 8\/10 de Cramant. Les<\/em> <em>vignerons maintiennent leurs pr\u00e9tentions aux 9\/10 de Cramant et on se s\u00e9pare sans accord<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une premi\u00e8re classification en 1911<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quelques n\u00e9gociants, membres du &nbsp;Syndicat du commerce des vins de Champagne, accept\u00e8rent de rencontrer, le 4 septembre 1911, \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de ville de Reims, plusieurs d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s vignerons des grands crus, et c\u2019est \u00e0 la suite d\u2019une seconde r\u00e9union, le 7 septembre, que les deux parties se mirent d\u2019accord sur le prix \u00e0 pratiquer dans ces grands crus. Aussit\u00f4t, les acheteurs annonc\u00e8rent aux vendeurs les prix r\u00e9sultant de la hi\u00e9rarchie d\u00e9finie \u00e0 la suite des r\u00e9unions communales avec les &nbsp;vignerons dans les crus visit\u00e9s avant la vendange. Toutefois, en raison de la faible r\u00e9colte (le rendement fut de 1600 kilos \u00e0 l\u2019hectare, apr\u00e8s 115 kilos \u00e0 l\u2019hectare en 1910) et aussi de sa qualit\u00e9 remarquable, certains acheteurs, pour accro\u00eetre leur approvisionnement ou simplement pour le conserver, accept\u00e8rent souvent les revendications des vendeurs et alors tous les autres acheteurs dans cette m\u00eame commune s\u2019align\u00e8rent sur ce prix exig\u00e9 par les vignerons, avec parfois un effet collat\u00e9ral sur le prix dans les communes limitrophes. Ce qui avait \u00e9t\u00e9 refus\u00e9 au cours des r\u00e9unions pr\u00e9alables de concertation \u00e9tait consenti quelques semaines plus tard sous la pression du march\u00e9. A l\u2019issue de la vendange, lors d\u2019une r\u00e9union qu\u2019il qualifia \u00ab&nbsp;<em>d\u2019extra syndicale<\/em>&nbsp;\u00bb, le Syndicat du commerce des vins de Champagne d\u00e9finissait, \u00e0 l\u2019usage de ses membres, et toujours de mani\u00e8re officieuse et confidentielle, un tableau r\u00e9capitulatif des prix pay\u00e9s par les acheteurs dans les diff\u00e9rents crus de la Champagne, \u00e0 partir duquel il \u00e9labora une \u00e9chelle classant chaque cru avec un pourcentage d\u00e9termin\u00e9. Cette premi\u00e8re \u00e9chelle comportait 11 crus \u00e0 100 % (Ambonnay, Avize, A\u00ff, Beaumont-sur-Vesle, Bouzy, Cramant, Louvois, Sillery et, pour les seuls raisins noirs, Tours-sur-Marne, Mailly et Verzenay). Au plus bas, l\u2019\u00e9chelle descendait jusqu\u2019\u00e0 22,55 % &nbsp;pour quatre communes du canton de Charly dans l\u2019Aisne. Au total, 194 crus, dont 168 dans la Marne et 26 dans l\u2019Aisne, \u00e9taient r\u00e9pertori\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une \u00e9chelle consensuelle en 1919<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les acheteurs ont eu recours ensuite \u00e0 cette premi\u00e8re \u00e9chelle, \u00e0 caract\u00e8re unilat\u00e9ral, pendant plusieurs ann\u00e9es. Elle \u00e9tait imprim\u00e9e et diffus\u00e9e dans les mairies et les centres de pressurage sans indication de son origine. C\u2019est en 1919, avant la vendange, que le Syndicat du commerce des vins de Champagne accepta officiellement, pour la premi\u00e8re fois, de rencontrer le Syndicat g\u00e9n\u00e9ral des vignerons de la Champagne d\u00e9limit\u00e9e, qui venait d\u2019\u00eatre constitu\u00e9 pour succ\u00e9der \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration des syndicats de la Champagne, et les deux d\u00e9l\u00e9gations se mirent d\u2019accord sur une \u00e9chelle commune des crus. Ce classement reprenait, avec quelques ajustements \u00e0 la hausse, l\u2019\u00e9chelle \u00e9tablie apr\u00e8s la vendange 1911. A nouveau, en 1920, alors que le Syndicat du commerce des vins de Champagne avait modifi\u00e9 ses statuts afin de lui permettre d\u2019intervenir dans la fixation des prix, quelques crus progress\u00e8rent d\u2019un commun accord. Dans ce classement, en comparaison avec l\u2019\u00e9chelle de 1911, de nombreux crus b\u00e9n\u00e9ficiaient d\u2019un positionnement nettement am\u00e9lior\u00e9&nbsp;: par exemple, Mareuil-sur-A\u00ff passait de 90 % \u00e0 95 %, Rilly de 83 % \u00e0 88 %, Avenay et Vertus de 80 % \u00e0 85 %, Pierry de 75 % \u00e0 80 %, Hautvillers et Villedommange de 70 % \u00e0 80 %, Monthelon de 65 % \u00e0 75 %, les crus de la vall\u00e9e de la Marne de 51-55 % \u00e0 60-65 %, les crus du Vitryat de 41-42 % \u00e0 51-52 %. Tout en progressant aussi, d\u2019autres crus restaient cependant en-dessous de 50 %, et le bas de l\u2019\u00e9chelle demeurait \u00e0 22, 55 % pour quatre communes du canton de Charly. A cette \u00e9poque, la d\u00e9limitation de la Champagne viticole n\u2019incluait pas le vignoble de l\u2019Aube.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9chelle des crus mise en place en 1919 par le Syndicat g\u00e9n\u00e9ral des vignerons de la Champagne d\u00e9limit\u00e9e et le Syndicat du commerce des vins de Champagne exprimait leur volont\u00e9 commune d\u00e9finie \u00e0 un moment d\u00e9termin\u00e9. Toutefois, elle n\u2019avait aucun caract\u00e8re obligatoire. Certes, tous les vendeurs et les acheteurs la respect\u00e8rent lors de chaque vendange de 1919 \u00e0 1925. Mais en 1926, alors que la r\u00e9colte \u00e9tait r\u00e9duite et que les n\u00e9gociants avaient besoin de reconstituer leurs stocks apr\u00e8s un fort d\u00e9veloppement des exp\u00e9ditions, l\u2019application de l\u2019\u00e9chelle des crus, \u00e0 partir du prix convenu pour les crus du sommet lors de la r\u00e9union intersyndicale, fut rejet\u00e9e dans tous les crus par les vendeurs et une seconde r\u00e9union r\u00e9visa ce prix \u00e0 la hausse, sans pour autant satisfaire les vignerons qui obtinrent \u00e0 la vendange, dans tous les crus, des prix sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux r\u00e9sultant de l\u2019\u00e9chelle. A l\u2019inverse, en 1929, avec une r\u00e9colte tr\u00e8s volumineuse \u00e0 un moment o\u00f9 la chute&nbsp; des exp\u00e9ditions &nbsp;de Champagne alourdissait leurs stocks et r\u00e9duisait leurs besoins d\u2019approvisionnement, les acheteurs pay\u00e8rent les raisins \u00e0 des prix inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux d\u00e9termin\u00e9s par l\u2019\u00e9chelle des crus.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une \u00e9chelle de prix obligatoires&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au sein de la Commission de propagande et de d\u00e9fense du vin de Champagne constitu\u00e9e en 1931 par le pr\u00e9fet de la Marne, une sous-commission interprofessionnelle \u00e9tait charg\u00e9e de discuter du prix du raisin. En 1932, malgr\u00e9 l\u2019absence d\u2019accord entre les repr\u00e9sentants des deux syndicats, le pr\u00e9fet annon\u00e7a un prix minimum pour les crus du sommet de l\u2019\u00e9chelle \u00ab&nbsp;<em>qu\u2019il serait de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral de pouvoir<\/em> <em>pratiquer<\/em>&nbsp;\u00bb. L\u2019ann\u00e9e suivante, tandis qu\u2019un seul n\u00e9gociant participait \u00e0 la r\u00e9union, et \u00e0 titre individuel, au c\u00f4t\u00e9 des repr\u00e9sentants du Syndicat g\u00e9n\u00e9ral des vignerons de la Champagne d\u00e9limit\u00e9e, le pr\u00e9fet r\u00e9cidiva \u00ab&nbsp;<em>en vue de sauvegarder l\u2019avenir m\u00eame de la Champagne<\/em>&nbsp;\u00bb. En d\u00e9pit de cette intervention pr\u00e9fectorale, les prix s\u2019effondr\u00e8rent. Au plus haut, en 1926 et 1927, les vignerons r\u00e9ussirent \u00e0 obtenir pour les grands crus le prix de 10 francs le kilo (soit 6,36 euros), un prix presque trois fois sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne des prix au cours des dix ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Au plus bas, en 1934, \u00e0 l\u2019exception de quelques transactions dans les grands crus, les rares acheteurs pay\u00e8rent le kilo de raisin entre 1 franc et cinquante centimes (soit 72 et 36 centimes d\u2019euro), parfois moins, sans distinction entre les crus, et nombre de vignerons ne trouv\u00e8rent aucun acheteur.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce contexte dramatique qu\u2019un d\u00e9cret-loi cr\u00e9a, en 1935, \u00e0 la demande des Champenois, la Commission sp\u00e9ciale de la Champagne viticole qui \u00e9tait habilit\u00e9e \u00e0 d\u00e9finir \u00ab&nbsp;<em>chaque ann\u00e9e, huit jours avant la vendange, les prix minimum par cat\u00e9gorie de crus<\/em>&nbsp;\u00bb. Par d\u00e9l\u00e9gation, une sous-commission interprofessionnelle \u00e9tait charg\u00e9e de cette mission et les prix qu\u2019elle d\u00e9terminait \u00e9taient rendus obligatoires par un arr\u00eat\u00e9 pr\u00e9fectoral dans chaque d\u00e9partement concern\u00e9. En cas de non-respect, des sanctions \u00e9taient pr\u00e9vues. Les prix ainsi fix\u00e9s progress\u00e8rent \u00e0 chaque vendange et les crus les plus bas furent port\u00e9s&nbsp; \u00e0 50 % en 1938 et \u00e0 56 % en 1940.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un resserrement croissant du classement des crus<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le Comit\u00e9 interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC), cr\u00e9\u00e9 par une loi en 1941, \u00e0 la demande des Champenois, recevait le pouvoir \u00ab&nbsp;<em>d\u2019\u00e9tudier et proposer les prix applicables aux \u00e9changes entre<\/em> <em>r\u00e9coltants et n\u00e9gociants<\/em>&nbsp;\u00bb. L\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re&nbsp; regroupement par cat\u00e9gorie de crus d\u00e9fini en 1935 faisait place au retour de l\u2019\u00e9chelle des crus et le Comit\u00e9 se chargea de la g\u00e9rer, de la publier dans la presse et d\u2019en assurer la diffusion aupr\u00e8s de professionnels lors de chaque vendange. Les prix faisaient toujours l\u2019objet d\u2019arr\u00eat\u00e9s pr\u00e9fectoraux par d\u00e9partement qui reprenaient l\u2019\u00e9chelle des crus avec le classement et le prix pour chaque cru, mais il s\u2019agissait d\u00e9sormais d\u2019un prix \u00e0 la fois minimum et maximum qui \u00e9tait obligatoire. Le CIVC constitua une commission de l\u2019\u00e9chelle des crus, compos\u00e9e de repr\u00e9sentants des vignerons et des n\u00e9gociants, elle \u00e9tait comp\u00e9tente pour examiner les demandes de modification et proposer les ajustements \u00e0 apporter. Les \u00e9chelles adopt\u00e9es en 1941, 1944 et 1945 \u00e9taient profond\u00e9ment remani\u00e9es&nbsp;: tous les crus du bas de l\u2019\u00e9chelle \u00e9taient port\u00e9s \u00e0 58 %, puis 70 % et 75 %, Puisieulx atteignait 100 % et un resserrement important visait tous les autres crus.<\/p>\n\n\n\n<p>Les revendications formul\u00e9es par le Syndicat g\u00e9n\u00e9ral des vignerons de la Champagne \u00e9taient examin\u00e9es par la commission interprofessionnelle et donnaient lieu \u00e0 des d\u00e9bats anim\u00e9s. Si un consensus s\u2019\u00e9tablissait avec les repr\u00e9sentants des n\u00e9gociants, le CIVC d\u00e9cidait alors de r\u00e9viser l\u2019\u00e9chelle. Plusieurs situations se pr\u00e9sentaient. Il s\u2019agissait d\u2019abord d\u2019introduire les nouvelles communes (21 en 1985) dans lesquelles des parcelles en appellation venaient d\u2019entrer en production et allaient donner lieu, pour la premi\u00e8re fois, \u00e0 des transactions en raisins \u00e0 la vendange&nbsp;: en principe, elles \u00e9taient positionn\u00e9es au m\u00eame niveau que les communes les plus proches ou parfois elles d\u00e9butaient avec un classement provisoire au plus bas de l\u2019\u00e9chelle avant de progresser ensuite. L\u2019objectif \u00e9tait aussi de constituer des r\u00e9gions homog\u00e8nes regroupant plusieurs communes voisines afin de leur conf\u00e9rer le m\u00eame classement. Enfin, des anomalies isol\u00e9es \u00e9taient corrig\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Reste que le contexte quasi-permanent de p\u00e9nurie, latente ou intense, favorisait la prise en compte de beaucoup de revendications. En 1971, 73 crus de la Marne et 4 crus du canton de Cond\u00e9-en-Brie obtinrent un classement am\u00e9lior\u00e9, et les crus de l\u2019Aisne, de l\u2019Aube et de la Marne class\u00e9s \u00e0 75 % mont\u00e8rent \u00e0 77 %, avant de passer \u00e0 78 % en 1980 et \u00e0 80 % en 1981. En 1985, 35 crus furent b\u00e9n\u00e9ficiaires, en particulier Le Mesnil-sur-Oger, Oger, Oiry et Verzy \u00e9volu\u00e8rent de 99 % \u00e0 100 %, Chouilly progressa de 95 % \u00e0 100 % pour les seuls raisins blancs, Mareuil-sur-A\u00ff atteignit 99 %. La derni\u00e8re modification de l\u2019\u00e9chelle fut r\u00e9alis\u00e9e en 2003, avec l\u2019introduction de Fontaine-sur-A\u00ff \u00e0 80 % et le passage de 89 % \u00e0 90 % pour Coulommes-la-Montagne, Sermiers et Vrigny.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9servant <em>\u00ab&nbsp;l\u2019emploi des termes Premier cru aux vins provenant des communes class\u00e9es de 100 % \u00e0 90 % inclusivement dans l\u2019\u00e9chelle<\/em> <em>des prix en vigueur \u00e0 la date de signature du pr\u00e9sent d\u00e9cret, et l\u2019emploi des termes Grand cru aux<\/em> vins <em>provenant des communes class\u00e9es \u00e0 100 %<\/em>&nbsp;\u00bb, le d\u00e9cret du 1<sup>er<\/sup> juillet 1952 confirmait l\u2019\u00e9chelle des crus fix\u00e9e par le CIVC. A noter aussi, en 1962, une d\u00e9cision de l\u2019Institut national des appellations d\u2019origine, abrog\u00e9e ult\u00e9rieurement, qui interdisait toute plantation nouvelle en c\u00e9page meunier dans les crus class\u00e9s de 96 % \u00e0 100 %.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un abandon in\u00e9luctable&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est apparu que la fixation interprofessionnelle du prix des raisins n\u2019\u00e9tait pas conforme au droit communautaire de la concurrence au regard duquel elle constituait une entente interdite, susceptible d\u2019\u00eatre condamn\u00e9e et de donner lieu \u00e0 une tr\u00e8s lourde sanction financi\u00e8re. La fin du contrat interprofessionnel en 1989, qui n\u2019\u00e9tait plus viable en raison d\u2019une forte disproportion entre les engagements de vente des vignerons et les engagements d\u2019achat des n\u00e9gociants, a \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion d\u2019abandonner ce dispositif de fixation d\u2019un prix obligatoire \u00e0 partir de la vendange 1990. Toutefois, \u00e0 la place, le CIVC d\u00e9termina un prix indicatif jusqu\u2019\u00e0 la vendange 2000 et ce prix cessa de faire l\u2019objet d\u2019arr\u00eat\u00e9s pr\u00e9fectoraux. Un tel prix indicatif \u00e9tait tout autant contraire \u00e0 la r\u00e9glementation communautaire et, \u00e0 la suite de la condamnation de plusieurs interprofessions, le CIVC renon\u00e7a \u00e0 toute indication de prix \u00e0 partir de la vendange 2001 et l\u2019\u00e9chelle des crus fut abandonn\u00e9e \u00e0 partir de la vendange 2004. La mise en place de contrats individuels entre chaque vendeur et chaque acheteur, en remplacement des engagements de vente et d\u2019achat, impliquait la libre fixation du prix par les deux parties dans chaque contrat. A la suite de la disparition de l\u2019\u00e9chelle des crus, les mentions <em>Grand cru<\/em> et <em>Premier cru, <\/em>d\u00e9connect\u00e9es de tout classement et detout prix<em>,<\/em> ont \u00e9t\u00e9 p\u00e9rennis\u00e9es, \u00ab&nbsp;<em>en vertu des usages locaux, loyaux et constants<\/em>&nbsp;\u00bb, sous la forme d\u2019une liste des crus b\u00e9n\u00e9ficiaires incluse dans le cahier des charges de l\u2019appellation d\u2019origine contr\u00f4l\u00e9e Champagne instaur\u00e9 par le d\u00e9cret du 22 novembre 2010 qui abrogeait le d\u00e9cret du 1<sup>er<\/sup> juillet 1952.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u00b0\u00b0\u00b0<\/p>\n\n\n\n<p>Sans gu\u00e8re d\u2019\u00e9quivalent dans les autres r\u00e9gions viticoles, en France comme ailleurs, l\u2019\u00e9chelle des crus fut un instrument utile pour organiser et r\u00e9guler les relations entre vendeurs et acheteurs de raisins. D\u00e8s lors qu\u2019elle \u00e9tait devenue inadapt\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9volution de l\u2019environnement tant juridique qu\u2019\u00e9conomique, la sagesse \u00e9tait de d\u00e9finir un cadre plus pertinent, conforme \u00e0 la r\u00e9glementation en vigueur, que les professionnels se sont peu \u00e0 peu appropri\u00e9s et qui fonctionne de fa\u00e7on satisfaisante.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Jean-Luc Barbier<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Docteur d\u2019\u00c9tat en droit<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Ancien directeur g\u00e9n\u00e9ral du Comit\u00e9 interprofessionnel du vin de Champagne <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Charg\u00e9 d\u2019enseignement \u00e0 la Facult\u00e9 de droit et de science politique de Reims<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><span class=\"rt-reading-time\" style=\"display: block;\"><span class=\"rt-label rt-prefix\">tdl<\/span> <span class=\"rt-time\">11<\/span> <span class=\"rt-label rt-postfix\">minutes<\/span><\/span> Alors m\u00eame qu\u2019elle a disparu il y a presque vingt ans, l\u2019\u00e9chelle des crus est toujours mentionn\u00e9e par des m\u00e9dias, en France et ailleurs, et m\u00eame aussi parfois par les vignerons et les maisons de Champagne eux-m\u00eames. Il est vrai que la classification des communes viticoles champenoises a \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur des relations entre vendeurs et acheteurs de raisins \u00e0 partir de 1911 et jusqu\u2019en 2003.<\/p>\n","protected":false},"author":14,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"status","meta":{"sfsi_plus_gutenberg_text_before_share":"","sfsi_plus_gutenberg_show_text_before_share":"","sfsi_plus_gutenberg_icon_type":"","sfsi_plus_gutenberg_icon_alignemt":"","sfsi_plus_gutenburg_max_per_row":"","spay_email":""},"categories":[263],"tags":[395],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2346"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2346"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2346\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2387,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2346\/revisions\/2387"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2346"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2346"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.wine-law.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2346"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}